Déclaration conjointe d’Antigua-et-Barbuda, d’Argentine, des Bahamas, de la Barbade, du Belize, de la Bolivie, du Brésil, du Canada, du Chili, de la Colombie, du Costa Rica, de la Dominique, de la République dominicaine, de l’Équateur, du Salvador, de la Grenade, du Guatemala, du Guyana, d’Haïti, du Honduras, de la Jamaïque, du Mexique, du Panama, du Paraguay, du Pérou, de Saint-Kitts-et-Nevis, de Sainte-Lucie, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, du Suriname, de Trinité-et-Tobago, des États-Unis et de l’Uruguay
« Appel à une action coordonnée des Nations Unies en soutien à la feuille de route de l’OEA pour Haïti »
Washington, D.C., le 9 septembre 2025
1. Nous, les signataires, en tant qu’États membres de l’Organisation des États Américains (OEA), réaffirmons notre solidarité avec le peuple haïtien, notre respect pour la souveraineté d’Haïti, ainsi que notre engagement à soutenir Haïti à ce moment critique, conformément à la résolution « Appelant à des solutions concrètes à mettre en œuvre d’urgence pour résoudre la grave crise sécuritaire et institutionnelle en Haïti » (AG/RES. 3039 (LV-O/25)), adoptée lors de la 55e Assemblée générale de l’OEA.
2. Le 20 août, le Conseil permanent de l’OEA a reçu la présentation par le Secrétaire général de la mise à jour de la feuille de route pour Haïti (« Vers une feuille de route haïtienne pour la stabilité et la paix avec un soutien régional et international »). Ce cadre dirigé par les Haïtiens, avec l’appui international – élaboré en collaboration avec les autorités haïtiennes, les Nations Unies et les partenaires interaméricains – établit la sécurité comme condition préalable à l’action humanitaire et au rétablissement de la gouvernance démocratique par des élections libres et équitables. Il introduit également des mécanismes pratiques de coordination, de transparence et de mobilisation des ressources pour réduire les duplications et assurer une réponse cohérente.
3. Nous reconnaissons le rôle central des Nations Unies dans la promotion et le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Nous reconnaissons également que la violence perpétrée par des groupes criminels organisés et des gangs en Haïti, même en dehors d’un conflit armé, menace des vies et des moyens de subsistance, ainsi que la paix et la sécurité régionales. Dans cet esprit, nous soutenons l’établissement d’un Bureau d’appui des Nations Unies pour Haïti (UNSOH) et la transition de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS) vers une nouvelle force, axée sur la création d’un environnement sûr et stable permettant aux autorités haïtiennes de rétablir et de maintenir l’État de droit, notamment par le démantèlement des gangs.
4. Nous rendons hommage au Kenya pour avoir dirigé la mission MSS, ainsi qu’aux Bahamas, au Belize, au Salvador, au Guatemala et à la Jamaïque pour leur contribution en personnel.
5. Considérant que la paix requiert davantage que des opérations sécuritaires, nous soutiendrons les efforts dirigés par les Haïtiens pour s’attaquer aux causes profondes et aux moteurs de la violence, à la faiblesse des institutions démocratiques, à la corruption, à la pauvreté et aux profondes inégalités sociales persistantes, ainsi qu’à l’accès limité à l’éducation et aux services publics essentiels.
6. Nous soulignons l’important rôle de l’OEA dans le renforcement des capacités institutionnelles et opérationnelles, à travers une approche civile, humanitaire et axée sur les droits humains, tout en respectant pleinement le leadership haïtien, l’institutionnalité démocratique nationale et les normes juridiques internationales, avec une attention particulière portée à la lutte contre la violence sexuelle et à la protection des femmes, des enfants et des autres groupes vulnérables.
7. Nous, États membres de l’OEA, sommes prêts à travailler en partenariat, selon nos capacités nationales et en ligne avec les mandats de l’OEA, avec les Nations Unies et avec Haïti pour faire avancer la feuille de route de l’OEA pour Haïti et soutenir le peuple haïtien.
8. Nous encourageons les contributions volontaires au Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies afin de soutenir la nouvelle force qui sera établie par le Conseil de sécurité de l’ONU. Nous accueillons également favorablement un soutien complémentaire via la plateforme OEA SECURE-Haïti pour le renforcement de la Police nationale haïtienne, en cohérence avec le cadre de l’ONU.
9. Nous réaffirmons que la voie à suivre pour Haïti doit rester dirigée par les Haïtiens, avec la pleine appropriation de ses institutions et de sa société civile. L’assistance humanitaire, le développement socio-économique à long terme, la protection des groupes vulnérables et le respect des droits humains et du droit international doivent demeurer au cœur de notre effort collectif. L’OEA, la CARICOM et l’ONU doivent agir en coordination totale afin d’assurer cohérence, légitimité et efficacité.
10. Aujourd’hui, nous envoyons un message hémisphérique uni : Haïti ne peut pas attendre. Le temps d’une action décisive et coordonnée, c’est maintenant.
-Fin-
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