Le 17 Septembre 2025. Le Ministère de l’Environnement haïtien a récemment présenté son bilan des neuf derniers mois, mettant en avant des initiatives telles que des concours scolaires, des campagnes de nettoyage urbain, des programmes de reboisement et le renforcement des partenariats internationaux. Ces actions sont censées rapprocher les services de l’État des populations et démontrer une volonté de transformation durable du secteur environnemental.
Pourtant, derrière cette communication officielle, le budget rectificatif 2024-2025 révèle des chiffres considérables qui soulèvent de nombreuses interrogations. Une enveloppe bien plus importante que celles des Ministères de Tourisme et du Commerce et de l’Industrie réunis. Le Ministère de l’Environnement bénéficie d’une enveloppe globale de 4 540 696 661 gourdes, ventilée comme suit :
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Dépenses de personnels : 1 695 892 541 gourdes ;
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Dépenses de biens et services : 1 460 807 114 gourdes ;
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Dépenses d’immobilisations : 628 949 463 gourdes ;
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Autres dépenses publiques : 755 047 545 gourdes ;
Incluant ceux des structures sous tutelle du Ministère :
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Agence Nationale des Aires Protégées (incluant ANI et BSAP) : 385 546 112 gourdes
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Service National de Gestion des Résidus Solides (SNGRS) : 911 453 429 gourdes
Pour un ministère censé lutter contre l’insalubrité et protéger les ressources naturelles, les résultats sur le terrain peinent à convaincre. Les grandes villes restent couvertes de détritus, et la Brigade des Aires Protégées (BSAP), armée mais non formellement encadrée par le Ministère, soulève de vives inquiétudes sur le plan institutionnel et sécuritaire.
Certains analystes estiment même que le Ministère de l’Environnement ignorait que le SNGRS était sous sa tutelle, comme le précise le Budget 2024-2025. Autrement, la gestion des résidus solides aurait pu bénéficier d’une organisation et d’une supervision différentes dans les grandes villes, notamment à Port-au-Prince et au Cap-Haïtien. Que fait donc concrètement le ministre Moïse Jean-Pierre Fils pour protéger l’Environnement en Haïti avec cette enveloppe budgétaire ?
Le centre de germoplasme, présenté comme un projet-phare de la politique environnementale, reste inachevé et se transforme en dette permanente pour un État déjà confronté à une crise sécuritaire, sociale et économique majeure.
Lors du partage des postes ministériels, le Ministère de l’Environnement ainsi que celui de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique ont été attribués à l’unique femme du CEP, Régine Abraham, pour le compte du Rassemblement pour une Entente Nationale (REN) dirigé par Jean Lucien Ligondé et Jimmy Albert, signataire de l’accord du 3 avril 2024. Pourtant, à ce jour, peu de réalisations concrètes sont visibles sur le terrain en matière d’environnement sain ou protégé. Les bassins versants, la pluie, le curage des égouts, les détritus à chaque coin de rue, la pollution sous toutes ses formes… ne sont pas chiffrés dans les projets du ministère, paraît-il. Qu’a donc réalisé concrètement le Ministère de l’Environnement avec son enveloppe budgétaire ?
Les activités de bilan du Ministère laissent un goût de gaspillage quant aux résultats sur le terrain. Ce contraste entre l’importance du budget et le manque d’impacts tangibles alimente les critiques d’observateurs qui dénoncent une « gestion cosmétique » des politiques environnementales.
Si le Ministère communique beaucoup, les populations n’en voient que peu d’effets positifs, malgré la présence de relais politiques et charismatiques comme Jean Lucien Ligondé et Jimmy Albert. Ces derniers auraient-ils perdu le contrôle du Ministre Jean-Pierre et de la Conseillère Présidente Mme Abraham, quasi-absente au CPT.
📎 Lien utile : Le Ministère de l’Environnement réaffirme son engagement et met en lumière les actions menées ces neuf derniers mois
La rédaction
L’article a été amélioré le 18 septembre 2025
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