La situation sécuritaire continue de se dégrader à un rythme alarmant dans plusieurs régions d’Haïti, marquée par des incursions répétées de groupes armés, des pillages systématiques et une absence d’intervention jugée préoccupante des forces de l’ordre, selon des sources locales concordantes.
À Marchand-Dessalines, des membres du gang « Kokorat San Ras » ont fait irruption lundi matin, contraignant plusieurs directeurs d’écoles à rouvrir leurs établissements sous la menace et exerçant des pressions sur des notables de la commune.
Des distributions forcées d’argent auraient également été imposées à des déplacés de la localité de Nyèl.
Le vice-délégué de l’arrondissement, Dunelson Duval, évoque une escalade préoccupante. Il rappelle que la veille, le gang « Gran Grif » avait déjà investi Nyèl, pillant méthodiquement les maisons abandonnées par des habitants ayant fui la zone.
D’autres attaques ont été signalées dans la localité de Décotier, où plusieurs habitations ont été dévalisées en pleine journée.
M. Duval pointe du doigt l’inaction du directeur départemental de la police dans l’Artibonite, le commissaire divisionnaire Jean Alex Pierre-Louis, malgré de multiples alertes transmises depuis la fin du mois de mars.
« Les bandits opèrent avec arrogance, utilisant même des camions pour emporter les biens des victimes », a-t-il dénoncé, soulignant qu’ils s’approchent désormais du centre-ville sans être inquiétés.
Dans le même temps, à Bercy, localité située entre Cabaret et Arcahaie, des individus armés affiliés à la coalition « Viv ansanm » ont mené une attaque, blessant un membre d’une brigade de vigilance locale.
L’avocat et militant Pierre Sauvenel Sylvain critique sévèrement la gestion du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’il accuse de ne pas prendre les mesures nécessaires pour rétablir la paix.
Selon lui, l’utilisation inefficace des drones et le manque de moyens adaptés, notamment de véhicules blindés, aggravent la vulnérabilité des zones affectées. Il souligne également que, malgré les déclarations du ministère de la Défense, les forces armées restent peu visibles sur le terrain.
La commune de Liancourt demeure elle aussi sous l’emprise des groupes armés. D’après le journaliste Wenson Gustave, les gangs contrôlent la quasi-totalité des localités, occupant les habitations, s’appropriant les véhicules et contraignant les habitants à fuir.
Plusieurs victimes ont été admises à l’hôpital après avoir subi des violences.
À Kenscoff, les autorités locales tirent également la sonnette d’alarme. L’agent exécutif intérimaire Massillon Jean indique qu’aucune opération d’envergure n’a été menée depuis août 2025 pour déloger les groupes armés installés dans plusieurs zones, notamment à Godet, Viard et Nouvelle-Touraine.
Face à une situation jugée critique, responsables locaux et citoyens appellent à un renforcement urgent des capacités opérationnelles de la police ainsi qu’à une intervention coordonnée de l’État pour reprendre le contrôle des territoires perdus.
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