Alors que la question du financement des prochaines élections continue de susciter des débats, plusieurs acteurs politiques haïtiens remettent en cause l’existence même d’un conflit entre le Conseil électoral provisoire (KEP) et le gouvernement. Selon eux, les divergences affichées autour de l’enveloppe de 250 millions de dollars américains demandée par le KEP relèveraient davantage d’une stratégie politique que d’un réel désaccord.

D’après plusieurs responsables politiques, la supposée mésentente entre le KEP et le gouvernement viserait à faire durer la transition politique. Une lecture partagée notamment par l’ancien député Antoine Rodon Bien-Aimé, membre de la plateforme Antant nationale (ENA).
Ce dernier dénonce ce qu’il qualifie de « calcul politique » entre le KEP et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Selon lui, les deux institutions feindraient des divergences sur la question budgétaire afin de gagner du temps.
« Si réellement ces deux entités clés dans l’organisation des élections ne parviennent pas à s’entendre, alors ni le KEP ni le gouvernement ne devraient rester en place », a-t-il martelé.
Pour Antoine Rodon Bien-Aimé, il ne fait aucun doute que le blocage actuel s’inscrit dans une logique de planification visant à retarder la tenue des scrutins. Selon lui, chaque camp se renverrait la responsabilité afin de justifier l’absence d’avancées concrètes dans le processus électoral.
L’ancien parlementaire va plus loin en dénonçant une supposée complicité entre le gouvernement et l’Office national d’identification (ONI), qu’il accuse de retenir les cartes d’identification des électeurs. Une pratique qui, selon lui, pourrait favoriser l’organisation d’élections frauduleuses.
De son côté, Jonas Coffy, responsable de la Plateforme Ayisyen pou Ayiyi (PAPA), se dit préoccupé par ce qu’il décrit comme une dégradation continue du processus politique.
Il dénonce un blocage délibéré du processus électoral ainsi qu’une instrumentalisation des institutions républicaines à des fins politiques.
Le coordonnateur national de la plateforme PAPA appelle le Conseil électoral provisoire à publier, dans les plus brefs délais, un calendrier électoral « clair, détaillé et irrévocable ».
Jonas Coffy insiste également sur la nécessité de garantir une véritable indépendance du KEP, exhortant le gouvernement à mettre fin à toute tentative d’ingérence dans ses affaires.
📲 Rejoignez Le Quotidien 509
Recevez nos dernières nouvelles directement sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp
