Port-au-Prince, 29 juin 2026. Porté par la Délégation de l’Union européenne en Haïti, le Bureau de l’Ordonnateur national (BON), la Chambre Franco-Haïtienne de Commerce et d’Industrie (CFHCI) ainsi que plusieurs organisations patronales, le forum entend favoriser le dialogue entre les secteurs public et privé afin de transformer des projets en investissements concrets.
Au-delà de la recherche de financements, les organisateurs souhaitent modifier la perception d’Haïti auprès des investisseurs étrangers. L’ambition est de mettre en avant les potentialités économiques du pays et de promouvoir une relation davantage fondée sur l’investissement productif que sur l’aide au développement.
Contrairement aux traditionnelles conférences de bailleurs de fonds, cette rencontre adopte une approche résolument orientée vers les affaires. Les échanges portent notamment sur la création de partenariats entre entreprises et investisseurs, l’identification des principaux freins à l’investissement ainsi que les mécanismes de financement de projets prioritaires.
Les travaux s’articulent autour de trois secteurs considérés comme stratégiques. Le premier concerne les transports et la logistique, avec un accent sur la modernisation des infrastructures portuaires et aéroportuaires, l’amélioration des corridors logistiques et le renforcement de la connectivité régionale.
Le deuxième axe est consacré à l’énergie et aux industries extractives. Les discussions portent notamment sur le développement des énergies renouvelables, l’électrification du territoire ainsi que la valorisation des ressources minières.
Enfin, le secteur agricole et agroalimentaire occupe une place centrale dans les débats. Les participants examinent les moyens de renforcer les chaînes de valeur, d’accroître les capacités locales de transformation et de faciliter l’accès des produits haïtiens aux marchés de la Caraïbe et de l’Union européenne.
Dans son intervention, l’ambassadrice de l’Union européenne en Haïti, Hélène Roos, a salué la tenue de ce premier forum, estimant que la stratégie Global Gateway accompagne les efforts visant à bâtir une Haïti « plus sûre, plus stable et plus prospère » grâce à des investissements dans la gouvernance, la sécurité et les infrastructures.
Le Premier ministre a, pour sa part, réaffirmé l’engagement de son gouvernement à améliorer le climat des affaires en s’attaquant simultanément aux défis sécuritaires et économiques. Il a rappelé les priorités de son administration, notamment le développement des infrastructures, des ports, des aéroports, de la logistique, de l’agriculture et de l’agro-industrie, avec pour objectif de reconnecter durablement Haïti aux marchés caribéens et internationaux.
« L’heure est venue d’investir dans la résilience d’Haïti. L’heure est venue d’investir dans sa jeunesse. L’heure est venue d’investir dans sa capacité à produire », a déclaré le chef du gouvernement, saluant la mobilisation des acteurs du secteur privé.
En conclusion de son allocution, le Premier ministre a insisté sur le fait que le rétablissement de la sécurité demeure la condition indispensable au redressement économique et à la consolidation de la démocratie. Il a également renouvelé l’engagement de son gouvernement à créer les conditions nécessaires à l’organisation des prochaines élections.
Le forum s’inscrit dans le cadre de Global Gateway, la stratégie de l’Union européenne visant à soutenir les investissements dans les infrastructures, l’énergie, le numérique, la santé, l’éducation et les chaînes de valeur stratégiques des pays partenaires. Pour Haïti, cette initiative constitue une opportunité de présenter des projets susceptibles de mobiliser des financements européens ainsi que des investissements d’institutions financières internationales, notamment la Banque européenne d’investissement (BEI), Proparco et d’autres partenaires présents à Port-au-Prince.
Si les ambitions affichées sont importantes, les défis restent considérables. L’insécurité, l’instabilité institutionnelle, les insuffisances des infrastructures et les contraintes logistiques continuent de peser sur le climat des affaires. Dans ce contexte, la capacité du pays à attirer durablement des investisseurs dépendra autant de la qualité des projets proposés que des progrès réalisés en matière de sécurité, de gouvernance, de stabilité réglementaire et d’efficacité administrative.
Au-delà des annonces, ce premier Forum national des investissements apparaît ainsi comme un test pour les autorités haïtiennes, qui devront convaincre les partenaires économiques que le pays demeure en mesure d’offrir des perspectives crédibles de développement et de rentabilité à moyen et long terme.
Ronald André
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