SANTO DOMINGO, 27 octobre 2026 — La République dominicaine annonce avoir consacré plus de 21 millions de dollars au soutien de la Force de répression des gangs (FRG), déployée en Haïti sous mandat des Nations unies. Dans le même temps, le gouvernement dominicain renforce son dispositif militaire à la frontière, tout en excluant une intervention directe sur le territoire haïtien.
Autrement dit, aider à éteindre l’incendie tout en s’assurant que les flammes ne franchissent pas la clôture.
Lors de son intervention dans l’émission Agenda Semanal, le 26 octobre, le président Luis Abinader a réaffirmé que son pays n’envisageait pas d’intervention militaire directe en Haïti. Mais il souligne que les groupes armés ne seront pas tolérés à moins de 20 kilomètres de la frontière dominicaine.
« Nous agirons en coordination avec le gouvernement haïtien, mais nous ne permettrons pas à ces bandes de s’approcher à moins de 20 kilomètres de la frontière », a-t-il déclaré.
Plus de 21 millions de dollars pour sécuriser Haïti… à distance
Le ministre des Affaires étrangères, Víctor « Ito » Bisonó, a indiqué que la République dominicaine avait contribué à hauteur d’environ 20 millions de dollars au fonds de la Force de répression des gangs (GSF), auxquels s’ajouteraient plus de 1,06 million de dollars consacrés à des opérations logistiques.
Évacuations médicales, transit de contingents internationaux, fournitures et transports humanitaires figurent parmi les formes d’assistance mentionnées par les autorités dominicaines.
Onze mille militaires pour surveiller la frontière
Pendant que la mission internationale tente de renforcer ses capacités en Haïti, la République dominicaine consolide son propre dispositif de défense. Selon Abinader, environ 11 000 militaires sont affectés à la sécurité frontalière, avec deux bataillons supplémentaires dans le sud, des véhicules blindés, des drones, des aéronefs et de l’artillerie.
Les autorités affirment par ailleurs que les groupes armés restent principalement concentrés dans l’ouest d’Haïti et ne progressent pas actuellement vers les principaux points de passage frontaliers, notamment Jimaní, Elías Piña et Dajabón.
Parallèlement, le gouvernement salvadorien a officiellement démenti les propos attribués au président Nayib Bukele critiquant la République dominicaine et ses forces armées. Une note diplomatique transmise par le ministère des Affaires étrangères d’El Salvador au ministère dominicain des Relations extérieures qualifie de « complètement fausses » et « dénuées de tout fondement » les publications virales circulant sur les réseaux sociaux, notamment sur X.
La République dominicaine a également confirmé que les déclarations étaient inventées et provenaient d’un compte qui n’existe pas. Les deux pays ont réaffirmé que leurs relations restent bonnes et basées sur la coopération.
Pour Haïti, l’enjeu demeure la restauration durable de la sécurité sur son territoire, tandis que la République dominicaine maintient sa priorité sur la protection de sa frontière.
La rédaction
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