Port-au-Prince, 21 janvier 2026. Dans ce texte publié sur les réseaux sociaux, Me Céant estime que la date du 7 février ne saurait être réduite à une simple échéance constitutionnelle. Selon lui, elle représente une « convocation patriotique, morale et historique » nécessitant un dépassement des intérêts personnels et des logiques de clans au profit de l’intérêt national.
Un constat critique de la transition en cours
L’ancien chef du gouvernement dresse un bilan sévère de la transition politique actuelle, estimant que le Conseil présidentiel de transition (CPT) n’a pas su créer les conditions d’un consensus national. Il pointe particulièrement la séquence conduite par Laurent Saint-Cyr, qu’il considère comme un rendez-vous manqué avec l’histoire.
« La transition en cours n’a pas su répondre à cette exigence », affirme-t-il, tout en estimant qu’une correction de trajectoire demeure possible, à condition de rompre avec les pratiques du passé.
Des propositions pour éviter une impasse institutionnelle
Jean-Henry Céant rappelle avoir lancé, dès mai 2025, un appel à l’unité sous le slogan « S’unir ou périr », puis formulé en juin de la même année une série de propositions visant à prévenir une crise institutionnelle majeure au terme de la transition.
Parmi ces propositions figurent notamment la mise en place d’un organe indépendant de contrôle de l’action gouvernementale, l’adoption d’une stratégie nationale de rétablissement de la sécurité, l’élaboration d’un plan de sauvetage national contraignant, ainsi que la création d’une Assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle Constitution soumise à référendum.
Il plaide également pour un consensus politique sur les règles démocratiques, un calendrier électoral crédible et inclusif, et un mode de gouvernance capable de conduire une transition finale vers une stabilité durable.
Un appel direct au Premier ministre
Dans sa lettre, Me Céant souligne que les dispositions constitutionnelles et le décret du 24 mai 2024 placeraient le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé en position institutionnelle, après le départ annoncé des membres du CPT le 7 février 2026, pour reprendre cet agenda de sortie de crise.
Il appelle le chef du gouvernement à rechercher ce qu’il qualifie de « vrai consensus », fondé sur l’inclusion, la stabilité et le respect de l’intérêt général, estimant que la souveraineté nationale ne peut se construire que dans la cohésion et la discipline collective.
« Il est tard, mais pas trop tard »
Tout en reconnaissant la gravité de la situation, l’ancien Premier ministre se veut encore optimiste. Il estime que le pays peut éviter l’effondrement institutionnel si les acteurs politiques acceptent de reconnaître leurs erreurs et de privilégier ce qui unit plutôt que ce qui divise.
« Il est tard. Très tard. Mais il n’est pas trop tard », conclut-il, appelant à rechercher la légitimité populaire afin de renforcer la légalité institutionnelle.
La lettre a été rendue publique le 21 janvier 2026 et signée par Jean-Henry Céant, ancien Premier ministre de la République d’Haïti.
Ronald André
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