Port-au-Prince, 16 mars 2026. Cette nouvelle vague de déplacements vient s’ajouter à une situation déjà alarmante. Dans son dernier rapport, l’OIM indique que le pays compte désormais plus de 1,45 million de personnes déplacées internes, un niveau qui rappelle celui observé après le séisme dévastateur de 2010.
Intensification des violences armées
Les déplacements enregistrés ces derniers jours seraient la conséquence directe de l’escalade des affrontements entre groupes armés, notamment dans les localités de Canaran et Pierre 6. Depuis le 8 mars 2026, des hommes lourdement armés mènent des attaques répétées dans ces zones, semant la terreur parmi les habitants.
Face aux tirs et aux violences, de nombreuses familles ont dû fuir précipitamment leurs maisons, souvent sans avoir le temps de récupérer leurs biens. Parmi les déplacés figurent des femmes enceintes, des nourrissons, des mères allaitantes ainsi que de nombreux enfants, particulièrement exposés aux risques liés à cette situation.
Des déplacés confrontés à la précarité
La majorité des personnes ayant quitté leur domicile ont trouvé refuge chez des proches. L’OIM précise que près de trois quarts des déplacés sont actuellement hébergés par des familles d’accueil. Toutefois, ces ménages vivent eux-mêmes dans des conditions économiques fragiles, ce qui accentue la pression sur les ressources disponibles.
D’autres familles se sont installées dans deux nouveaux sites de fortune, venus s’ajouter aux cinq sites déjà occupés par des déplacés dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Ces espaces improvisés manquent cruellement d’infrastructures de base : accès limité à l’eau potable, absence de sanitaires adéquats, soins de santé insuffisants et rareté de l’aide alimentaire.
À l’échelle nationale, l’organisation estime que plus de 197 000 personnes vivent aujourd’hui dans des camps ou des sites de déplacement, souvent surpeuplés, principalement dans la capitale.
Une crise qui gagne d’autres régions
La problématique des déplacements forcés ne se limite plus à la zone métropolitaine. Les mouvements de population augmentent également dans plusieurs régions, notamment dans le Centre, l’Artibonite et le Grand Nord, où les services publics, déjà fragilisés, peinent à répondre aux besoins croissants des populations.
Peu de réactions officielles
Malgré la gravité de la situation, les autorités n’ont pas encore formulé de réaction ferme pour condamner les violences ayant entraîné ces nouveaux déplacements. Pourtant, plusieurs témoignages recueillis sur le terrain font état d’incendies de maisons, de pillages et de tirs nourris d’armes automatiques dans certains quartiers affectés.
Ce silence alimente les inquiétudes d’observateurs et d’acteurs humanitaires, alors même que les autorités affirment vouloir reprendre le contrôle des territoires dominés par les groupes armés et restaurer la sécurité dans la région métropolitaine.
Entre annonces et réalités sur le terrain
Au cours des derniers mois, des informations ont fait état de la mobilisation de plus de 50 millions de dollars destinés au renforcement des dispositifs de sécurité dans le pays. Néanmoins, pour les habitants des zones les plus touchées, ces annonces peinent encore à se traduire par une amélioration concrète.
Dans plusieurs quartiers, les groupes armés continuent d’imposer leur autorité, multipliant intimidations et attaques contre les civils. Pendant ce temps, des milliers de familles déplacées tentent de survivre dans des conditions extrêmement précaires, dans l’attente d’une réponse plus efficace de l’État.
Ronald André
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