Plusieurs organisations politiques ont vivement critiqué, ce mardi, la gestion de la crise sécuritaire par les autorités haïtiennes. Lors de conférences de presse distinctes, l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL) et le Congrès national de Ouanaminthe pour une Nouvelle Haïti (CNO-NH) et alliés, ont dénoncé la détérioration de la situation sécuritaire et estimé que les conditions ne sont pas réunies pour organiser des élections dans le pays.

Le Comité exécutif national provisoire de l’une des branches de l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL) a dénoncé la recrudescence de l’insécurité qui continue, selon lui, de plonger le pays dans une crise sans précédent.
Le coordonnateur à la communication de l’OPL, José Joseph, s’est particulièrement alarmé de la situation dans la commune de Kenscoff, où les habitants continuent d’être victimes d’attaques de groupes armés. Selon lui, cette réalité traduit l’absence de volonté des autorités de résoudre le problème de l’insécurité.
Le dirigeant politique s’est également étonné de voir le gouvernement et le Conseil électoral poursuivre leurs préparatifs en vue des élections alors que les groupes armés contrôlent de larges portions du territoire.
« Les forces de l’ordre semblent recevoir l’ordre de faire un pas en avant et cinq pas en arrière », a-t-il déclaré, dénonçant des massacres de civils, y compris des personnes âgées et des enfants, ainsi que l’utilisation des corps de victimes pour ériger des barricades à Kenscoff.
José Joseph a également souligné que plusieurs zones stratégiques pour la production agricole, notamment Kenscoff, l’Artibonite et le Plateau Central, sont gravement affectées par l’insécurité, ce qui compromet davantage la sécurité alimentaire du pays.
Il a, par ailleurs, critiqué les dépenses engagées par le gouvernement pour financer des sociétés de sécurité privées alors que, a-t-il dit, aucun résultat concret n’a été constaté.
Pour sa part, le coordonnateur aux finances de l’OPL, l’ancien député Sanozier François, a estimé qu’aucune des conditions indispensables à la tenue d’élections crédibles n’est actuellement réunie.
Selon lui, la question sécuritaire demeure le principal obstacle au processus électoral. Il a insisté sur la nécessité de rouvrir les principaux axes routiers et de créer les conditions permettant le retour des milliers de personnes déplacées avant toute consultation populaire.
Le coordonnateur à la formation, Meclis Joseph, a également critiqué le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé qui, dit-il, n’a obtenu aucun résultat tangible depuis son arrivée à la Primature. Il a appelé les forces vives de la nation à se rassembler afin de trouver une solution politique capable de remettre le pays sur la voie de la stabilité.
De son côté, le Congrès national de Ouanaminthe pour une Nouvelle Haïti (CNO-NH) et ses alliés ont demandé la démission du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et de l’ensemble de son gouvernement.
Au cours d’une conférence de presse organisée ce mardi, le dirigeant du CNO-NH, Renaud Volcy, a invité les différentes forces vives du pays à se mobiliser afin d’obtenir le départ de l’équipe au pouvoir. Il a affirmé souhaiter que le gouvernement quitte ses fonctions avant qu’une mobilisation populaire ne l’y contraigne.
Guiteau François, également membre de l’organisation, a pour sa part dénoncé les multiples actes de violence perpétrés contre la population. Il a également reproché au gouvernement de ne disposer d’aucun plan concret pour sortir les citoyens de la misère et répondre aux défis économiques et sociaux auxquels le pays est confronté.
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