La violence des groupes armés continue de franchir un nouveau seuil dans le Bas-Artibonite. L’agent intérimaire de l’exécutif à la Mairie de l’Arcahaie, Wilner René, a confirmé que des membres du gang Taliban ont décapité plusieurs chauffeurs de camion qu’ils avaient enlevés le week-end dernier.

Ils ont exposé les têtes décapitées sur des barricades en béton érigées sur la Route nationale n°1. Selon des informations dont il affirme disposer, les victimes auraient été exécutées alors qu’elles tentaient de s’échapper de leurs ravisseurs.
Ces actes d’une extrême brutalité illustrent la détérioration continue de la situation sécuritaire dans cette région stratégique reliant Port-au-Prince au nord du pays. Au-delà de l’horreur des crimes commis, ils traduisent la volonté des groupes armés d’imposer leur domination par la terreur et de défier ouvertement l’autorité de l’État.
Wilner René a salué l’intervention de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des groupes d’autodéfense, estimant que leur mobilisation a empêché les assaillants de progresser davantage. Il a toutefois souligné que de nombreux véhicules demeurent immobilisés sur la Route nationale n°1, où des centaines de voyageurs restent bloqués.
Parmi eux figurent des personnes suivant un traitement médical, incapables de poursuivre leur déplacement, ainsi que des commerçants transportant des marchandises périssables dont les pertes économiques s’alourdissent au fil des heures.
L’édile déplore également le manque d’équipements auxquels fait face la PNH, affirmant que les forces de l’ordre ne disposent même pas du matériel nécessaire, notamment des engins permettant de démanteler les barricades en béton érigées par les gangs pour entraver leur progression.
Les affrontements armés se poursuivaient encore entre les policiers, appuyés par les brigadiers, et les membres du gang qui tentent de maintenir leur emprise sur ce corridor routier essentiel.
Face à cette nouvelle escalade de violence, le coordonnateur général du Comité d’Initiative pour la Paix dans le Bas-Artibonite (KILBA), André St-Louis, a vivement condamné ces actes qu’il qualifie de « barbarie ». Il s’est interrogé sur l’inaction des autorités, estimant que ces crimes devraient conduire l’État à lancer une offensive d’envergure contre les groupes armés qui terrorisent la région.
Le responsable a annoncé qu’en concertation avec plusieurs organisations de la société civile et des groupes d’autodéfense, des mouvements de blocage de la Route nationale n°1 seront organisés ce jeudi 6 août dans plusieurs communes du Bas-Artibonite.
Cette mobilisation vise, selon lui, à contraindre les autorités à fournir aux forces de sécurité les moyens humains, logistiques et matériels nécessaires pour reprendre le contrôle de la zone.
André St-Louis estime qu’une opération sécuritaire efficace est désormais indispensable pour mettre fin à l’expansion des gangs. Il rappelle également que l’organisation des prochaines élections apparaît difficilement envisageable tant que la sécurité ne sera pas rétablie dans le Bas-Artibonite.
Aussi, il invite les forces de l’ordre à mobiliser toutes les ressources dont elles disposent pour neutraliser les groupes armés.
📲 Rejoignez Le Quotidien 509
Recevez nos dernières nouvelles directement sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp


