Port-au-Prince, 19 octobre 2026. La lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants était au cœur d’un atelier de formation lancé ce lundi à l’hôtel Montana. Il vise à renforcer les capacités des forces de sécurité et des acteurs chargés de la prise en charge des victimes. L’initiative est portée par le Réseau international francophone de formation policière (FRANCOPOL), l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et les ambassades de France et du Canada.
La cérémonie d’ouverture a débuté à 9 h 35. Elle a réuni des représentants diplomatiques, des responsables institutionnels et des acteurs engagés contre les violences basées sur le genre. Ont pris la parole l’ambassadeur de France, Gauthier Lekens, son homologue canadien, Alexandre Côté, le représentant régional de l’OIF, Emmanuel V. Adjovi, et Jean Nesly Élie, pour le ministère de la Justice et de la Sécurité publique. La ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Pétrica Saint-Jean, a clôturé la séance inaugurale.
FRANCOPOL a été créé en 2008 à Québec par la Sûreté du Québec et la Police nationale française. Le réseau favorise le partage d’expertise policière en français. Depuis 2012, un comité technique se consacre aux violences faites aux mineurs et aux femmes. Ses travaux ont permis d’intégrer la protection de l’enfant dans la formation initiale de plusieurs écoles de police, dont celle d’Haïti. Le pays a déjà accueilli un colloque FRANCOPOL en 2012. En octobre 2025, il a aussi accueilli une formation sur les mesures d’urgence et les droits humains, dont ont bénéficié 40 policiers de la PNH.
Lutter contre ces violences exige une chaîne de protection cohérente, du signalement à l’accompagnement des victimes. Cette chaîne passe par l’enquête, les poursuites et l’accès aux services sociaux et sanitaires. La formation vise à mieux repérer les situations de violence et à intervenir dans le respect de la dignité et des droits des victimes.
La portée de l’initiative dépendra de sa capacité à produire des changements mesurables, avec des ressources suffisantes et des mécanismes de suivi. Pour les victimes, le succès ne se mesurera pas au nombre de personnes formées. Il se mesurera à la possibilité concrète d’obtenir de l’aide, d’être entendues et d’être protégées.
Mar Arthur Paul.
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