Port-au-Prince, le 7 février 2026 – Le compte à rebours touche à sa fin pour deux figures clés de la transition politique haïtienne : le Conseil présidentiel de transition (CPT) et Laurent Saint-Cyr. Entre espoirs suscités, attentes élevées et résultats limités, l’heure est désormais au bilan.
Laurent Saint-Cyr : 184 jours de mandat sans empreinte majeure
Installé le 7 août 2025, Laurent Saint-Cyr a exercé lamentablement ses fonctions jusqu’au 7 février 2026, soit 184 jours de responsabilité publique.
Présenté comme le représentant du secteur privé, il incarnait l’espoir d’une gouvernance moderne et efficace.
Près de six mois plus tard, le constat est sévère.
Aucune réforme structurante, aucune vision économique claire, aucun projet d’envergure n’a marqué son passage. Malgré plus de sept déplacements officiels connus à l’étranger, les retombées concrètes restent invisibles.
Le CPT : près de 655 jours de transition sous tension (avril 2024 – février 2026)
Mis en place le 24 avril 2024, le Conseil présidentiel de transition a exercé ses fonctions jusqu’au 7 février 2026, soit environ 655 jours de gouvernance transitoire.
Sa mission : restaurer la sécurité, préparer les élections et rétablir l’ordre constitutionnel.
Près de deux ans plus tard, les résultats restent largement insuffisants.
Une diplomatie affaiblie, une image nationale dégradée
Sous cette transition, la diplomatie haïtienne s’est affaiblie.
L’image d’Haïti s’est retrouvée marginalisée, affaissée, parfois humiliée sur la scène internationale. Le pays est apparu sans voix forte, sans stratégie cohérente, sans défenseurs dépendant de l’assistance étrangère.
Pour de nombreux observateurs, cette situation constitue une véritable honte nationale.
Insécurité : les gangs gagnent du terrain malgré la présence internationale
Malgré le déploiement de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), conduite initialement par le Kenya, puis transformée en Force de répression des gangs (FRG), les groupes armés ont continué d’étendre leur contrôle.
Les bandits ont consolidé leurs positions dans plusieurs zones stratégiques, aggravant les déplacements forcés et la paralysie économique.
Scandales et gouvernance : une crédibilité durablement fragilisée
Le CPT restera marqué par :
• Le scandale des 100 millions de gourdes à la BNC,
• Les accusations de partage de fonds,
• Les soupçons de clientélisme.
Et la dernière gifle nationale reste l’organisation du dépôt de dossiers pour tout citoyen désireux de devenir président ou Premier ministre. La scène rappelle une véritable vente aux enchères des plus hautes fonctions de l’État. Une comédie indigne, aggravée par une vidéo virale montrant une femme alignant les candidats, telle une foire politique.
« Président de ce côté-ci, Premier ministre de ce côté-là. Monsieur, vous êtes là pour président ou Premier ministre ? Avancez, avancez… »
Un spectacle affligeant pour la nation, tenu à l’hôtel Montana.
Ces affaires ont érodé la confiance publique.
Vers une cérémonie du “constat d’échec” de la transition
Selon les informations recueillies par notre rédaction, une cérémonie officielle devrait prochainement être organisée.
Cette cérémonie acterait formellement :
• Le constat d’échec de l’Accord du 3 avril,
• Le constat d’échec des acteurs signataires de la Déclaration de la CARICOM et les failles de la Communauté internationale,
• L’incapacité collective à produire une transition stable et crédible.
Cette cérémonie sera définitivement une démarche symbolique, destinée à marquer la fin d’un cycle politique sans résultats tangibles.
Un bilan globalement négatif, malgré quelques efforts isolés
Ni Laurent Saint-Cyr ni le CPT n’ont réussi à incarner un renouveau politique. Les avancées restent marginales face à :
• L’aggravation de l’insécurité,
• La crise humanitaire,
• L’effondrement institutionnel,
• La défiance citoyenne.
Pour une large frange de la population, cette période restera celle d’une transition sans souffle. Le secteur privé n’a pas joué son rôle moteur.
Les acteurs politiques ont privilégié les compromis internes au détriment de l’intérêt national.
L’urgence d’un nouveau départ
Alors que s’ouvre une nouvelle phase incertaine, les Haïtiens attendent :
• Une gouvernance responsable,
• Une diplomatie respectée,
• Une stratégie sécuritaire crédible,
• Une vision économique claire.
Le cycle 2024–2026 restera comme un avertissement historique.
Une nouvelle ère pour le PM Alix Didier Fils Aimé ou pour le peuple. Croisons les doigts pour Haïti.
Brigitte Benshow
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