À l’occasion de la célébration de la fête des morts, l’ancien sénateur Jean Renel Sénatus a procédé, ce dimanche 1er novembre, à la vente-signature de son ouvrage intitulé Droit mortuaire : De la mort juridique à la zombiphobie, à l’hôtel Montana. Une rencontre qui a réuni de nombreuses personnalités issues des milieux politique, judiciaire, universitaire et culturel.

Personnalités politiques, anciens parlementaires, avocats, magistrats, responsables de maisons funéraires, étudiants et écoliers ont répondu à l’invitation de l’auteur. Le Protecteur du citoyen, Me Jean Wilner Morin, figurait également parmi les participants à cette activité consacrée à une thématique encore peu explorée dans le paysage juridique haïtien et présenté comme tabou.
Cette rencontre a permis à Jean Renel Sénatus de présenter les principales orientations de son ouvrage, dans lequel il examine les enjeux juridiques, culturels et religieux liés à la mort, à la gestion des dépouilles et au respect de la dignité humaine après le décès.
L’ancien parlementaire a expliqué que ses recherches sur le sujet remontent à son passage au parlement, où il avait travaillé sur un texte qui n’a finalement pas pu être adopté avant la fin de son mandat.
Estimant qu’il était important de préserver ces travaux, compte tenu notamment de la problématique de la zombification en Haïti, il a choisi de les approfondir et de les partager avec le public.
Dans son ouvrage, l’auteur met en lumière les tensions entre les pratiques culturelles et religieuses et les dispositions du droit conventionnel, notamment en matière civile, pénale et territoriale.
Il aborde également la gestion des cimetières, les responsabilités des autorités municipales ainsi que les questions successorales, particulièrement lorsqu’un différend oppose les héritiers dans l’exécution des dernières volontés du défunt, exprimées à travers son testament.
L’absence de politiques publiques en matière mortuaire constitue également l’un des axes de réflexion du livre.
L’auteur s’intéresse par ailleurs aux différentes formes de mort reconnues par la médecine et à leurs implications juridiques.
Au cœur de sa réflexion se trouve la question de la dignité post mortem. Jean Renel Sénatus soutient qu’à partir du constat du décès, le cadavre cesse d’être sujet de droit pour devenir un objet juridique, sans pour autant perdre toute protection.
Il défend ainsi la nécessité de garantir le respect de la dépouille, de l’image et de la dignité du défunt.
« On ne peut ni vendre ni manger les restes d’un défunt », a-t-il notamment déclaré, pour illustrer les limites que le droit doit imposer aux pratiques portant atteinte à l’intégrité et au respect des dépouilles humaines.
Pour l’auteur, la protection juridique liée au défunt ne saurait être réduite à la seule existence physique de sa dépouille. La préservation de sa dignité et de son image demeure, selon lui, un enjeu essentiel.
À travers cette publication, Jean Renel Sénatus entend ouvrir un débat sur le droit mortuaire, un domaine qu’il considère encore insuffisamment exploré en Haïti.
Il invite les chercheurs, les universitaires, les étudiants et les professionnels du droit à se procurer l’ouvrage et à contribuer à la réflexion autour de cette discipline.
La vente-signature a également revêtu une dimension symbolique particulière. Elle coïncidait avec le premier anniversaire de l’incendie criminel qui, le 1er novembre 2025, avait ravagé les locaux de l’Université Soleil d’Haïti (USH) et de Radio Émancipation FM, deux institutions dirigées par Jean Renel Sénatus.
Évoquant cet événement, l’ancien sénateur a réaffirmé sa détermination à poursuivre ses engagements.
« Ils ne nous feront pas reculer », a-t-il lancé, tout en plaidant pour la neutralisation des groupes armés et le rétablissement de la sécurité dans le pays.
Il a enfin insisté sur le rôle de la résilience communautaire, de l’éducation, de la culture et du savoir dans la reconstruction de la société.
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