À quelques mois de la date envisagée pour l’organisation des prochaines élections, plusieurs acteurs politiques expriment de sérieux doutes quant à la capacité du pays à réunir les conditions nécessaires à la tenue d’un scrutin en décembre prochain.

Pour Jean Nazaire Thomas, dirigeant du Parti Makandal pour le progrès d’Haïti (PMPH), le pays ne réunit actuellement aucune des conditions indispensables à l’organisation d’élections crédibles.
Il cite notamment l’insécurité persistante, l’absence d’un gouvernement inspirant confiance et le manque d’autorités disposant, selon lui, d’une légitimité suffisante à la tête de l’État.
Le responsable politique estime que ces facteurs compromettent sérieusement la mise en place d’un processus électoral fiable.
Jean Nazaire Thomas a également dénoncé l’attitude des autorités haïtiennes face aux difficultés rencontrées par des ressortissants haïtiens aux États-Unis.
Il appelle la communauté internationale à intervenir afin de contribuer au respect des droits des migrants haïtiens.
Le dirigeant du PMPH plaide par ailleurs pour un retour aux valeurs et à la vision des ancêtres, qu’il considère comme nécessaires pour permettre au pays de retrouver sa voie et de renouer avec son développement.
Les membres de la structure dénommée « Opposition plurielle » continuent, de leur côté, de critiquer la manière dont le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé conduit les affaires du pays.
Ils estiment que la situation sécuritaire et politique se détériore davantage chaque jour et dénoncent également le processus électoral en cours.
En conférence de presse ce lundi, le président de l’Opposition plurielle, Jeantel Joseph, a affirmé que son regroupement dispose de candidats susceptibles de participer aux élections à différents niveaux.
Toutefois, il précise que l’Opposition plurielle n’entend pas participer à ce qu’il qualifie d’« élection-sélection », estimant qu’une telle démarche risquerait d’exposer la population à de nouvelles violences.
Jeantel Joseph appelle ainsi la population à boycotter le processus électoral.
Il met notamment en avant la situation sécuritaire dans plusieurs communes du pays et dénonce ce qu’il présente comme une stratégie visant à écarter la classe moyenne de la vie politique.
De son côté, l’ancien vice-président du Conseil électoral provisoire (CEP), membre de l’Opposition Plurielle, Rodol Pierre, estime que la conjoncture actuelle pourrait favoriser des arrangements entre le gouvernement et des formations politiques qui lui sont proches.
Il cite notamment la plateforme politique VIKTWA, qu’il présente comme proche du pouvoir.
Tout en continuant de considérer que les conditions ne sont pas réunies pour organiser des élections dans le contexte actuel, Rodol Pierre encourage les éventuels candidats à la prudence.
Malgré les difficultés persistantes dans plusieurs communes, notamment à Croix-des-Bouquets et à Cité Soleil, certains acteurs encouragent la population à participer au processus.
L’ancien maire de Cité Soleil et responsable de l’organisation ROSPO, Esaïe Beauchard, invite ainsi les citoyens à s’inscrire en vue des prochaines élections.
Cette prise de position intervient alors qu’Esaïe Beauchard, qui critiquait récemment encore l’action du gouvernement, est désormais devenu l’un de ses défenseurs publics sur certaines questions.
Lors d’une conférence de presse, le coordonnateur de ROSPO a notamment défendu la décision des autorités d’augmenter les prix des produits pétroliers.
Il affirme que cette décision s’explique notamment par la hausse des prix sur le marché international.
Esaïe Beauchard a également annoncé que le gouvernement prévoit d’apporter un soutien à la population à travers plusieurs programmes et institutions.
Il cite notamment le Fonds d’assistance économique et sociale (FAES), la Caisse d’assistance sociale (CAS) et le Programme national de cantines scolaires (PNCS).
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