À quelques mois des élections annoncées pour la fin de l’année, le gouvernement tente d’afficher une image de cohésion institutionnelle autour du processus électoral.

Une séance de travail s’est tenue ce samedi au Palais national sur les implications de l’administration publique dans l’application du décret électoral du 2 juin 2026, modifié par celui du 2 juillet 2026. Selon les autorités, cette séance traduit leur volonté de démontrer que l’organisation des scrutins ne relève pas uniquement du Conseil électoral provisoire (CEP), mais constitue une responsabilité collective de l’État.
En présence du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, de hauts responsables gouvernementaux, du corps diplomatique, des membres du haut commandement des Forces armées d’Haïti (FAd’H), de la Direction générale de la Police nationale d’Haïti (PNH) et de plusieurs représentants d’institutions publiques, cette rencontre visait à clarifier le rôle de chaque administration dans la préparation des élections.
Dans son intervention, le chef du gouvernement a rappelé que la sécurité et les élections constituent deux piliers indispensables au rétablissement de l’ordre républicain et de l’État de droit.
En affirmant que le CEP « ne pourra pas mener seul le processus électoral », Alix Didier Fils-Aimé reconnaît implicitement que la réussite du scrutin dépendra avant tout de la capacité des institutions publiques à travailler de manière coordonnée.
Le premier ministre a soutenu que trois priorités ont été identifiées lors de cette rencontre : responsabiliser les institutions publiques conformément au décret électoral, instaurer un climat de confiance garantissant la transparence et la crédibilité du scrutin, et définir la contribution spécifique de chaque ministère et organisme de l’État.
Ces objectifs, dit-il, répondent aux critiques récurrentes formulées lors des précédents processus électoraux, souvent marqués par des faiblesses organisationnelles, des retards administratifs et un manque de coordination entre les institutions.
Cependant, le discours officiel se heurte à une réalité plus complexe. Si le gouvernement affirme que le climat sécuritaire « s’améliore chaque jour » et que le processus électoral est désormais pleinement engagé, cette appréciation contraste avec les préoccupations exprimées par de nombreux observateurs concernant la persistance de l’insécurité dans plusieurs régions du pays.
La capacité des autorités à garantir un environnement permettant aux électeurs, aux candidats et aux agents électoraux de participer librement au scrutin demeure l’un des principaux enjeux des prochains mois.
En rappelant que son mandat repose sur deux impératifs indissociables, à savoir le rétablissement de la sécurité et l’organisation d’élections libres, honnêtes et crédibles, Alix Didier Fils-Aimé cherche également à inscrire son action dans une logique de transition politique.
Son appel au « sens de l’État » et à la « détermination » vise autant les responsables publics que l’ensemble des acteurs appelés à participer au processus électoral.
Pour sa part, le président du Conseil électoral provisoire, Jacques Desrosiers, a insisté sur la portée de cette séance de travail, estimant qu’elle constitue un signal fort de l’engagement des institutions en faveur de l’organisation des élections.
Sans annoncer de calendrier précis, il a confirmé que les scrutins restent programmés pour la fin de l’année et a indiqué que les travaux permettront notamment d’identifier les responsabilités spécifiques des différents ministères dans l’exécution des opérations électorales.
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