Après plusieurs semaines d’attente et de spéculations, le Conseil électoral provisoire (CEP) a finalement publié, ce lundi 27 juillet 2026, le calendrier modifié des opérations électorales devant conduire à l’organisation des élections générales et au référendum constitutionnel. Si cette publication marque une avancée institutionnelle attendue, elle soulève également de nombreuses interrogations quant à la faisabilité réelle du processus dans le contexte actuel.
Le document prévoit la tenue, le 13 décembre 2026, du premier tour de l’élection présidentielle, des législatives ainsi que du référendum portant sur les modifications proposées à la Constitution.
Le second tour des scrutins présidentiel et législatif, couplé aux élections des collectivités territoriales, est fixé au 21 février 2027. Sur le papier, le calendrier dessine une feuille de route claire pour un retour à l’ordre constitutionnel.
Le chronogramme détaille les différentes phases préparatoires : campagnes de sensibilisation et d’éducation civique, recrutement et formation du personnel électoral, accréditation des observateurs et des médias, dépôt des candidatures entre le 20 août et le 2 septembre 2026, puis campagne électorale du 5 octobre au 12 décembre 2026. Ces étapes traduisent la volonté du CEP d’encadrer le processus selon les standards électoraux habituels.
Toutefois, c’est dans les réserves formulées par le CEP que se trouve le véritable enjeu. L’institution reconnaît elle-même que le respect de ce calendrier dépend de deux conditions majeures : le rétablissement d’un climat sécuritaire acceptable sur l’ensemble du territoire et la disponibilité des ressources financières nécessaires.
En d’autres termes, les principales garanties de réussite du processus échappent largement au contrôle direct de l’institution électorale.
Alors que le calendrier affiche des échéances précises, la situation sécuritaire demeure extrêmement préoccupante.
De vastes portions du territoire restent sous l’influence de groupes armés, les déplacements de population se poursuivent et plusieurs institutions publiques fonctionnent difficilement.
Dans un tel contexte, la capacité de l’État à assurer la libre circulation des électeurs, la protection du matériel électoral et la sécurité des bureaux de vote demeure un défi considérable.
Un autre élément susceptible d’alimenter le débat concerne la tenue simultanée d’un référendum constitutionnel et des élections générales. Ce choix, bien qu’il puisse répondre à des considérations d’efficacité et de coûts, risque d’intensifier les tensions politiques.
Plusieurs secteurs continuent de contester la légitimité même d’une réforme constitutionnelle dans les circonstances actuelles, laissant présager un climat politique particulièrement polarisé à l’approche des scrutins.
Le CCEP réaffirme son engagement à conduire un processus « inclusif, transparent et impartial ». Cependant, la réussite du calendrier ne dépendra pas uniquement de la planification administrative de l’institution.
Elle reposera surtout sur la capacité des autorités à améliorer la sécurité, à mobiliser les financements nécessaires, à instaurer un climat de confiance entre les acteurs politiques et à garantir des conditions minimales permettant aux citoyens d’exercer librement leur droit de vote.
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