Port-au-Prince, 3 février 2026 — Le ministère haïtien de la Défense est au centre d’une vive controverse après de graves accusations de détournement de fonds et de mauvaise gouvernance formulées par son directeur général, Jean Ronel Sistanis. Dans une lettre adressée au Premier ministre Alix-Didier Fils-Aimé, l’Association Militaire d’Haïti (AMIDH) appelle à l’adoption de mesures conservatoires contre plusieurs hauts responsables.
Ces révélations, rendues publiques le 2 février lors d’un point de presse à Port-au-Prince, mettent en cause le ministre Jean Michel Moïse, ainsi que des collaborateurs du ministère, dont Candide Cosky Jean et Dominique Eugène.
Selon Jean Ronel Sistanis, d’importantes sommes issues du budget public auraient été engagées dans des projets sans résultats visibles. Il cite notamment 80 millions de gourdes pour la réhabilitation du quartier général des FAd’H au Champ-de-Mars ; 50 millions pour la base du Bicentenaire ; 160 millions pour une ferme agricole à Belladère.
À ces montants s’ajouteraient 350 millions de gourdes provenant du Fonds d’intelligence, qui auraient été utilisés en dehors du cadre légal prévu par les textes régissant les Forces armées d’Haïti.
Le directeur général dénonce également des pratiques qu’il qualifie d’irrégulières dans la gestion des finances publiques. Il affirme que 70 millions de gourdes auraient été dépensés pour un garage inexistant et évoque le recours présumé à des entreprises écrans pour détourner des fonds.
Ces accusations visent notamment le chef de cabinet du ministre, Candide Cosky Jean, et la cadre Dominique Eugène.
Sur le plan social, Jean Ronel Sistanis fait état d’une distribution jugée opaque des subventions et des primes de risque, qui bénéficierait à des proches du ministre. Il affirme que certains bénéficiaires se trouveraient à Bombardopolis, tandis que des militaires déployés à Kenscoff ne recevraient aucune allocation.
Il dénonce également l’absence d’indemnisation pour des soldats blessés ou décédés en service, malgré les décrets en vigueur. Deux militaires morts à Delmas sont notamment cités, dont les familles auraient été privées de soutien financier.
Dans sa correspondance adressée au chef du gouvernement, l’AMIDH exprime sa préoccupation face à l’ampleur des faits dénoncés. L’organisation estime que ces pratiques, si elles sont avérées, fragilisent le fonctionnement du ministère et portent atteinte à l’image des Forces armées.
Elle demande au Premier ministre d’assurer provisoirement la tutelle du ministère de la Défense et de prendre des mesures conservatoires à l’encontre des responsables mis en cause, dans l’attente d’éventuelles enquêtes.
Jean Ronel Sistanis indique avoir saisi la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et l’Inspection générale à la suite du vandalisme de son bureau en juillet 2025 et d’incidents impliquant des agents de la BRI en décembre 2025. Selon lui, aucune suite officielle n’a été communiquée à ce jour.
Contacté, le ministère de la Défense n’a pas encore réagi publiquement aux accusations. Le ministre Jean Michel Moïse et les autres personnes mises en cause ne se sont pas exprimés à ce stade.
Les autorités judiciaires et les organismes de contrôle n’ont pas non plus annoncé l’ouverture formelle d’une enquête.
Le Ministère de la Défense a été donné à EDE/RED/Compromis Historique dans le Partage du pouvoir dans la transition.
La rédaction
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