Depuis quelque temps, Haïti est de nouveau confrontée à la question constitutionnelle. On nous a proposé un nouveau texte, mais il a été largement rejeté, aussi bien par les citoyens, les acteurs politiques, les praticiens du droit que le secteur des droits humains. Pourquoi ? Peut-être ne reflétait-il pas vraiment nos aspirations profondes ni notre vécu collectif.
Cette situation n’est pas nouvelle. En un peu plus de deux siècles, Haïti a connu plus d’une vingtaine de constitutions. 1801 avec Toussaint Louverture, 1805 avec Dessalines, 1806 avec Pétion, 1807 avec Christophe, 1811 avec la monarchie du Nord, 1816 avec la présidence à vie… et ainsi de suite, jusqu’à la fin du régime des Duvalier.
En 1986, le peuple a renversé une dictature vieille de trente ans. En 1987, une nouvelle Constitution a vu le jour, portée par une vision nouvelle et de grands espoirs : démocratie, liberté, droits fondamentaux, participation citoyenne. Elle représentait une rupture avec l’autoritarisme et un pacte d’espérance pour l’avenir.
Mais qu’avons-nous fait de ce moment ? Avons-nous respecté les promesses de 1987 ? Force est de constater que non. Depuis l’amendement mal conduit de 2011 — certain parlent même de faux amendement, Haïti erre encore dans la quête d’une nouvelle Constitution, sans parvenir à en consolider une seule, respectée dans son esprit comme dans sa lettre.
C’est pourquoi s’impose aujourd’hui une réflexion citoyenne pour parler Constitution, et surtout pour parler vrai. Une réflexion pour interroger notre passé, comprendre nos échecs, et envisager ensemble l’avenir. Parce qu’une Constitution n’est pas seulement un texte pour juristes. C’est une boussole pour une nation. Et il est temps de se demander : quelle boussole voulons-nous vraiment suivre ?
24 août 2025
Chantal Volcy Céant
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