Cinq ans après l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse, survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 à sa résidence de Pèlerin 5, les autorités haïtiennes, des responsables politiques et plusieurs personnalités publiques ont multiplié les cérémonies de commémoration, tout en dénonçant la lenteur de l’enquête judiciaire.

Le gouvernement a organisé, à la Villa d’Accueil, une cérémonie officielle en mémoire de l’ancien chef de l’État. Une messe de requiem, présidée par le père Jean Robert Louis, s’est déroulée en présence de plusieurs ministres, de représentants du haut commandement de la Police nationale d’Haïti (PNH) et de l’état-major des Forces armées d’Haïti (FAd’H).
Dans son homélie, le célébrant a rappelé que la mort peut frapper à tout moment et a invité les participants à vivre dans la foi et à se préparer spirituellement. Il a également évoqué la mission accomplie, selon lui, par l’ancien président Jovenel Moïse.
De son côté, le parti politique Les Engagés pour le Développement (EDE) a également organisé une messe de requiem à l’église Notre-Dame du Perpétuel Secours.
La cérémonie a réuni plusieurs dirigeants politiques, dont les ancien premier ministre Claude Joseph, l’ancien Premier ministre Evans Paul ainsi que des représentants de différents secteurs de la société.
À cette occasion, le père Jean Robert Arthur a insisté sur la nécessité de renforcer l’éducation citoyenne autour du respect du mandat d’un président démocratiquement élu. Selon lui, les revendications politiques doivent toujours s’exprimer dans le respect des institutions afin de préserver la souveraineté nationale.
Prenant la parole, Claude Joseph a regretté que, cinq ans après les faits, la justice n’ait toujours pas permis de faire toute la lumière sur ce crime.
Celui qui était chef du gouvernement et du CSPN lors de l’assassinat de Jovenel Moïse a dénoncé ce qu’il considère comme une volonté d’effacer progressivement la mémoire de l’ancien président.
Il a annoncé que plusieurs activités commémoratives seraient organisées à travers le pays.
Les critiques à l’égard du système judiciaire se sont également multipliées.
L’ancien secrétaire général du Palais national, Rénald Lubérice, a estimé que l’absence de justice dans cette affaire fragilise l’ensemble de l’État de droit.
Selon lui, si un président de la République assassiné ne peut obtenir justice, il sera difficile pour les autres citoyens d’espérer une protection effective de la justice.
Il attribue cette situation aux faiblesses du système judiciaire et affirme que plusieurs juges ayant tenté de faire avancer le dossier ont été remplacés.
L’ancien ministre de la Justice, Me Lucmane Délile, a lui aussi dénoncé la lenteur de l’enquête.
Il rappelle que le président Jovenel Moïse disposait théoriquement d’un important dispositif de sécurité, sans que celui-ci n’ait empêché l’attaque du commando composé d’Haïtiens et d’étrangers.
Selon lui, tant que ce crime ne sera pas pleinement élucidé, le risque d’impunité continuera de peser sur la société haïtienne.
Le professeur Charles Tardieu a, pour sa part, exprimé son indignation face au peu d’avancées enregistrées en Haïti, contrastant avec les procédures menées aux États-Unis, où plusieurs personnes ont plaidé coupable ou ont déjà été condamnées pour leur participation au complot.
Il juge inacceptable qu’aucune condamnation n’ait encore été prononcée en Haïti cinq ans après les faits.
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