Selon des informations rapportées par Le Nouvelliste, l’État haïtien a signé un contrat avec un consortium international dirigé par Evergreen, aux côtés de Alex Stewart International, ENSE Group et SecuriPort, en vue de renforcer la douane, la sécurité des frontières et le système d’entrée et de sortie du territoire via l’immigration. Le contrat est en route vers la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) pour examen et validation.
D’après une source citée par Le Nouvelliste, « le contrat vise à donner à la douane les moyens et les infrastructures nécessaires pour mieux contrôler la frontière terrestre et l’ensemble des ports du pays ». Le projet prévoit également le renforcement de la Police Frontalière (PoliFront) et son déploiement le long de toute la frontière, y compris en dehors des points de passage officiels. « Même si Malpasse bénéficie d’une présence minimale de la douane, la frontière reste largement poreuse. Pour rétablir l’ordre, il faut des agents bien équipés, bien formés et capables d’assurer une présence permanente », a précisé la source.
Le dispositif inclut aussi un renforcement du système d’immigration. « L’objectif est de répliquer le modèle SecuriPort, comme dans plusieurs aéroports aux États-Unis. Cette firme assurera le contrôle des systèmes liés à l’immigration, aux passeports, ainsi qu’aux entrées et sorties du territoire », poursuit la même source.
Toujours selon Le Nouvelliste, l’État haïtien prévoit de signer un protocole d’accord avec l’Association des Industries d’Haïti (ADIH) et la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti (CCIH) afin de faciliter les procédures douanières pour les industries nationales. L’objectif affiché est de renforcer la compétitivité des entreprises locales et de réduire l’impact de la contrebande.
Cependant, les détails financiers, techniques et juridiques du contrat n’ont pas été rendus publics. Les modalités de rémunération du consortium, le niveau réel de contrôle de l’État sur les systèmes déployés, ainsi que les garanties liées à la protection des données stratégiques demeurent imprécis.
Un autre élément alimente le débat : la Douane haïtienne aurait enregistré des niveaux de recettes record au cours de la période récente d’insécurité, une performance rarement observée dans l’histoire administrative du pays. Cette réalité soulève des interrogations sur la nécessité, l’urgence et les véritables objectifs d’un contrat estimé à près de 500 millions de dollars.
Enfin, la perspective de confier à un consortium étranger l’accès à des données sensibles – flux migratoires, informations douanières, mouvements commerciaux, bases de données nationales – pose un enjeu majeur de souveraineté, de sécurité et de gouvernance.
Qui contrôlera réellement ces systèmes ?
Où seront hébergées les données ?
Quels mécanismes d’audit et de supervision garantiront la protection des intérêts nationaux ?
Autant de questions qui appellent un débat public transparent, à mesure que le dossier progresse vers son examen par la Cour des comptes.
La rédaction
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