Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) et le Syndicat de la Police Nationale d’Haïti (SPNH-17) expriment leur vive inquiétude face à la situation des policiers, confrontés à l’insécurité grandissante, à des conditions de travail difficiles et à un manque de ressources.

Dans un rapport couvrant la période de juin 2025 à juin 2026, la responsable du programme du RNDDH, Rosy Auguste Ducéna, révèle que 35 policiers ont été assassinés au cours des douze derniers mois.
Parmi eux, 21 ont perdu la vie lors d’affrontements avec des groupes armés, tandis que trois autres avaient été enlevés par des bandits et ne sont jamais revenus auprès de leurs familles.
Le document met également en évidence l’état préoccupant de plusieurs commissariats et sous-commissariats à travers le pays.
Selon le RNDDH, les salaires des policiers demeurent insuffisants face à la hausse constante du coût de la vie.
L’organisation exhorte les autorités à investir davantage dans les infrastructures policières, notamment dans les villes de province.
Le rapport souligne également les risques quotidiens auxquels sont exposés les agents.
Certains policiers ont été interceptés alors qu’ils voyageaient à bord de véhicules de transport public, avant d’être identifiés et capturés par des groupes armés.
Au-delà des dangers sécuritaires, les policiers doivent également composer avec le stress, l’incertitude, les retards de paiement de leurs salaires et avantages sociaux, ainsi qu’une importante surcharge de travail.
Malgré ces difficultés, ils continuent d’assurer leurs missions avec les moyens limités dont ils disposent.
De son côté, le coordonnateur du SPNH-17, Garry Jean-Baptiste, interpelle la communauté internationale afin de solliciter un soutien en faveur des enfants des policiers tués dans l’exercice de leurs fonctions.
Selon lui, l’absence d’accompagnement pour ces familles pourrait exposer certains de ces enfants à des risques de marginalisation et de recrutement par des groupes armés.
Le dirigeant syndical estime également que la lutte contre l’insécurité ne pourra être efficace sans une réforme en profondeur de l’institution policière.
Il affirme que les équipements et les moyens techniques, à eux seuls, ne suffiront pas à résoudre durablement la crise sécuritaire que traverse le pays.
Face à cette situation, il plaide pour un meilleur encadrement des policiers, d’une amélioration de leurs conditions de travail et d’un soutien accru aux familles des agents tombés en service.
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