La commune de Gressier s’enfonce un peu plus dans la spirale de la violence. En l’espace d’un week-end, près d’une vingtaine de personnes ont été tuées dans des attaques attribuées aux membres de la coalition criminelle « Viv Ansanm ». Aucune réaction publique n’a, jusqu’ici été enregistrée de la part des autorités. Une nouvelle tragédie illustre, une fois encore, l’incapacité de l’État à protéger les populations vivant dans les zones sous la menace permanente des groupes armés.

Selon les informations communiquées par Jean Célestin Somoza, responsable de communication de l’Organisation de la Société Civile de la commune de Gressier, les faits se sont produits le vendredi 31 juillet. Dix-huit personnes circulant à motocyclette auraient été abattues par les assaillants.
Les habitants n’ont pu récupérer que huit corps dont 7 se trouvaient dans un état de décomposition après avoir été brulés par les bandits.
Au-delà du bilan humain, c’est l’absence de l’État qui suscite aujourd’hui une grande indignation. Jean Célestin Somoza dénonce le comportement des autorités policières et municipales, qu’il accuse de n’avoir entrepris aucune démarche pour accompagner les familles dans la récupération des dépouilles.
Selon lui, cette mission aurait dû être assumée par les pouvoirs publics, tant pour des raisons humanitaires que pour préserver la dignité des victimes.
« Les autorités auraient dû être les premières à organiser les opérations de récupération des corps. Elles ont laissé la population seule face à cette tragédie », déplore-t-il.
Il a également rapporté également que les hommes armés ont étendu leurs exactions jusqu’à la localité appelée « Échalot », où plusieurs maisons et des véhicules ont été incendiés.
Certaines victimes, originaires du Grand Sud et simplement de passage dans la région, demeurent introuvables. Leurs proches sont dans l’impossibilité de récupérer leurs corps pour procéder aux funérailles, une situation qui ajoute une souffrance psychologique au drame sécuritaire.
À Gressier, le calme observé depuis ces attaques ne traduit nullement un retour à la normale. Il s’agit plutôt d’un calme apparent, imposé par des groupes armés qui semblent exercer un contrôle de fait sur une partie du territoire. Les habitants vivent sous la menace permanente d’une nouvelle offensive, tandis que les institutions publiques brillent par leur discrétion.
Les événements survenus à Gressier illustrent une réalité de plus en plus préoccupante : dans plusieurs communes, les groupes armés ne se contentent plus de défier l’autorité publique ; ils imposent leur propre loi, contrôlent les déplacements, terrorisent les habitants et décident, parfois, qui peut vivre ou mourir.
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