L’utilisation massive de gaz lacrymogènes par la Police nationale d’Haïti pour disperser une manifestation pacifique d’étudiants en médecine continue de provoquer l’indignation au sein du secteur de la santé. Les protestataires réclamaient la relocalisation et la réouverture de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), plus connu sous le nom d’Hôpital général.
La mobilisation, organisée le lundi 22 juin devant la résidence officielle du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à Delmas 60, a été violemment interrompue par les forces de l’ordre. Depuis, les réactions de condamnation se multiplient.
Dans une note publique, le Rassemblement des Forces Progressistes d’Haïti (RFPH) a exprimé sa « solidarité sans faille » envers les étudiants de la Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP) de l’Université d’État d’Haïti. L’organisation condamne fermement l’intervention policière contre des jeunes qui, selon elle, défendaient une cause légitime.
Dirigé par le Dr Renand Armstrong Charlot, le RFPH souligne que les étudiants menaient une démarche « noble et pacifique » afin d’obtenir de meilleures conditions d’apprentissage ainsi que la réouverture ou la relocalisation de l’Hôpital général, indispensable à leur formation.
« Au lieu d’apporter une réponse responsable à ces revendications légitimes, les autorités ont choisi la voie de la violence en ordonnant que les étudiants soient frappés et asphyxiés par des gaz lacrymogènes », dénonce l’organisation.
Le RFPH rappelle que l’Hôpital général, principal centre de formation des professionnels de santé du pays et unique établissement hospitalier de niveau tertiaire capable de prendre en charge les cas médicaux les plus complexes, demeure fermé depuis plusieurs années en raison de l’insécurité. La dernière tentative de réouverture, en décembre 2024, avait tourné au drame lorsqu’une attaque armée avait fait plusieurs morts et blessés.
Pour l’organisation, cette fermeture prolongée constitue à la fois une crise sanitaire et un désastre académique. Elle accuse les autorités de négliger un dossier crucial pour l’avenir du système de santé haïtien.
Même son de cloche du côté de l’Union des Médecins Haïtiens (UMHA). Son président, le Dr Élysée Louissaint, a également condamné la répression policière et réaffirmé que la réouverture ou la relocalisation de l’HUEH représente une priorité nationale.
« Lorsque les étudiants demandent la réouverture de l’Hôpital général, c’est comme des enfants qui demandent à leurs parents de les envoyer dans une bonne école », a-t-il déclaré, estimant qu’il est impossible de former adéquatement les futurs médecins sans un véritable hôpital universitaire.
Le dirigeant de l’UMHA a rappelé que l’HUEH remplit une triple mission : fournir des soins spécialisés à la population, assurer la formation pratique des professionnels de santé et contribuer à la recherche médicale.
Selon lui, les policiers auraient dû mesurer l’importance sociale de cette revendication, qui touche directement l’accès aux soins pour des milliers d’Haïtiens. Il qualifie l’intervention des forces de l’ordre de « maladroite et inopportune », y voyant le reflet d’une profonde crise civique et morale que traverse actuellement le pays.
Alors que les appels à la réouverture de l’Hôpital général se multiplient, les étudiants, les médecins et plusieurs organisations de la société civile continuent d’exiger des mesures concrètes afin de garantir à la fois le droit à la santé de la population et la formation adéquate des futurs professionnels du secteur.
📲 Rejoignez Le Quotidien 509
Recevez nos dernières nouvelles directement sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp


