À l’occasion de la Fête nationale de la République française, célébrée le 14 juillet, le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a participé à une réception officielle organisée par l’Ambassade de France en Haïti à l’hôtel Montana.
Au-delà du caractère protocolaire de l’événement, les discours prononcés ont remis au premier plan les questions de démocratie, de sécurité et de coopération bilatérale, dans un contexte où Haïti continue de faire face à une profonde crise institutionnelle.
La cérémonie a réuni plusieurs hauts responsables, dont la ministre des affaires étrangères et des cultes, Raina Forbin, l’ambassadeur de France en Haïti, Antoine Michon, l’ambassadeur d’Espagne, Marco Antonio Peñín Toledano, l’ambassadrice de l’Union européenne, Hélène Roos, ainsi que des représentants du corps diplomatique et de la société civile.
Dans son intervention, l’ambassadeur Antoine Michon a salué les efforts du gouvernement haïtien pour rétablir la sécurité et renforcer les institutions.
Cette appréciation intervient toutefois dans un contexte où de vastes portions du territoire demeurent sous l’influence de groupes armés, où des milliers de citoyens sont déplacés et où les attentes de la population en matière de sécurité restent largement insatisfaites.
Les déclarations diplomatiques traduisent ainsi un soutien politique aux autorités de transition, mais contrastent avec une réalité quotidienne encore marquée par l’insécurité.
Le premier ministre, pour sa part, a invoqué les idéaux de la Révolution française à savoir « liberté, égalité et fraternité ».
Il affirme qu’« aucune société ne prospère sans liberté, qu’aucune autorité ne s’impose sans légitimité populaire et qu’aucun avenir ne se construit sans dignité ».
Ces principes trouvent un écho particulier en Haïti, premier État noir indépendant issu d’une révolution inspirée, en partie, par ces mêmes valeurs.
Toutefois, leur évocation soulève une interrogation fondamentale : comment traduire ces idéaux en actions concrètes dans un pays où les institutions demeurent fragiles et où les élections sont toujours attendues ?
Le chef du gouvernement a également mis en avant la création d’une commission mixte franco-haïtienne chargée d’examiner la question de la double dette de l’indépendance.
Cette initiative constitue une avancée sur le plan du dialogue historique entre les deux pays.
Plus d’un estime que cette démarche devra produire des résultats tangibles pour répondre aux attentes de nombreux haïtiens.
Ces derniers réclament depuis des années une reconnaissance plus concrète des conséquences économiques de cette dette imposée au XIXᵉ siècle.
La cérémonie du 14 juillet a donc offert une tribune aux dirigeants des deux pays pour réaffirmer leur volonté de renforcer leurs liens.
Mais dans le contexte actuel, les discours, aussi solennels soient-ils, seront jugés à l’aune des résultats qu’ils produiront sur le terrain.
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