La Direction générale de la migration (DGM) de République dominicaine a réaffirmé sa politique de tolérance zéro face à la corruption, après la diffusion de témoignages de ressortissants haïtiens dénonçant des extorsions lors d’opérations migratoires.
Des témoignages accablants
Plusieurs plaignants affirment que des agents leur auraient réclamé de l’argent en échange d’une libération ou pour éviter la détention. Un travailleur haïtien dit avoir été frappé puis dépouillé de 700 dollars américains lors d’une intervention à son domicile.
Une employée de maison affirme de son côté avoir versé 15 000 pesos dominicains par virement bancaire pour être relâchée — ses employeurs assurant que les coordonnées bancaires leur avaient été transmises par un agent de la migration.
Les plaignants dénoncent aussi les conditions de détention au Centre vacacional de Haina, qu’ils jugent précaires, et une politique migratoire selon eux principalement dirigée contre les ressortissants haïtiens.
Face à ces accusations, la DGM indique que chaque dénonciation fait l’objet d’une enquête interne et que les fonctionnaires reconnus coupables seront sanctionnés selon les procédures disciplinaires et judiciaires en vigueur.
Fernández dénonce le « chaos » de Dajabón
En marge de cette controverse, le président de la Fuerza del Pueblo, Leonel Fernández, s’est rendu au marché binational de Dajabón, qu’il a qualifié de zone en plein « chaos » organisationnel : infrastructures insuffisantes, problèmes de salubrité, absence de planification. Il annonce un projet de réaménagement confié à des architectes et urbanistes.
L’ancien président a par ailleurs réaffirmé son soutien à l’application de la législation migratoire dominicaine et au maintien des expulsions de personnes en situation irrégulière, tout en appelant à un meilleur contrôle de la frontière.
Haïti renforce ses contrôles sur les médicaments
De son côté, Haïti annonce un renforcement des inspections sanitaires sur les médicaments entrant par Dajabón.
Selon Lesly Theogene, directeur du commerce du Nord-Est, des équipes d’agents sanitaires et de pharmaciens seront déployées pour détecter les médicaments falsifiés, périmés ou non enregistrés.
Les autorités haïtiennes affirment que des réseaux de contrebande mobilisent des dizaines de personnes pour disperser les cargaisons avant les jours de marché, un trafic qu’elles jugent dangereux pour la santé publique et contraire à la réglementation commerciale.
Soraya Ades
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