Un regroupement d’anciens étudiants de la Faculté de droit et des sciences économiques (FDSE), ainsi qu’un groupe d’étudiants de l’Université d’État et d’universités privées, lancent un appel en faveur de la libération du professeur James Boyard, enlevé depuis plus de deux mois avec son épouse et son enfant. Seule l’épouse a été relâchée.

Dans une note rendue publique ce mercredi, ces étudiants demandent aux différents chefs de groupes armés d’intervenir afin d’obtenir la libération du professeur et des membres de sa famille. Ils s’adressent notamment à Jimmy Chérizier, alias « BBQ », au chef de Chéry Christ Roi, dit Krisla, à « Lanmò 100 jou », à Izo, ainsi qu’à d’autres chefs de groupes armés.
« Ce n’est pas un ordre ni une exigence, mais une demande des étudiants », précisent les signataires, qui appellent les chefs de gangs à faire « un geste » en faveur de la communauté universitaire.
Dans leur note, ils mettent en avant le rôle du professeur James Boyard auprès des jeunes, le présentant comme un enseignant disponible pour accompagner les étudiants dans la préparation de leurs mémoires et leur fournir conseils et orientations.
Ils soulignent également son soutien à des étudiants en difficulté financière, affirmant qu’il leur vient en aide avec les revenus qu’il perçoit de l’État.
« Pwofesè Boyard toujou pare pou sèvi ak ede tout moun, depi l kapab », écrivent-ils, insistant sur son engagement auprès de ses étudiants et de la société.
Les signataires demandent par ailleurs aux chefs de groupes armés qui disposent d’une influence dans certaines zones de contribuer à la libération du professeur et de sa famille, même s’ils affirment ne pas savoir qui est directement responsable de leur enlèvement.
Au-delà de cet appel aux groupes armés, des voix s’élèvent également pour demander des explications aux autorités sur les mesures prises pour obtenir la libération des personnes retenues en otage.
Elles évoquent notamment plusieurs cas d’enlèvements de personnes connues dont le journaliste Wesly Renaud Jean, la directrice generale de l’ONAPE Stéphanie Paultre, Me Caleb Jean-Baptiste, ainsi que les deux autres personnes qui les accompagnaient au moment du rapt du 7 septembre.
Plus d’un interpelle directement les autorités sur leur réponse face aux enlèvements. Les citoyens questionnent notamment l’utilisation des ressources publiques et les moyens dont disposent les forces de sécurité, notamment la Police nationale d’Haïti (PNH), les Forces armées d’Haïti (FAd’H) et les autres structures mobilisées dans la lutte contre l’insécurité.
« Ki sa yap fè ? Ki sa yap tann ? », demandent-ils, estimant que les responsables de l’État doivent agir pour les personnes dont la vie est menacée.
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