Washington, 5 août 2025 – Trente-deux élus influents du Congrès américain, dont Sheila Cherfilus-McCormick, Ayanna Pressley, Maxine Waters, Barbara Lee, Ilhan Omar, Cory Booker, Alexandria Ocasio-Cortez, Gregory Meeks, Frederica Wilson, Hakeem Jeffries, Gwen Moore, Bonnie Watson Coleman et Jamaal Bowman, ont appelé le président Donald Trump à agir de toute urgence contre le trafic d’armes vers Haïti.
Dans une lettre adressée au secrétaire d’État Marco Rubio et à la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem le 1er Août, ils proposent à l’administration Trump 6 mesures immédiates pour freiner le flux d’armes illégales qui alimente la violence des gangs en Haïti.
Les parlementaires soulignent que ces armes – principalement en provenance du sud de la Floride – sont responsables d’une explosion de la violence, faisant des milliers de morts et de déplacés en Haïti ces deux dernières années.
« Haïti ne produit ni armes ni munitions. Et pourtant, les gangs contrôlent aujourd’hui 90 % de la capitale et disposent d’un arsenal plus moderne que celui de la police », indique la lettre.
Selon les données des Nations Unies, 90 % des expéditions d’armes vers les Caraïbes entre 2016 et 2023 ont pour origine le sud de la Floride. Les ports de Miami River et Port Everglades sont identifiés comme des points clés de transit.
Des armes de calibre lourd, des fusils d’assaut et des munitions arrivent ainsi illégalement en Haïti, où elles alimentent les actions des gangs violents, notamment Viv Ansanm, 5 segonn, G9 ou Kraze Baryè.
Dans leur lettre, les membres du Congrès demandent :
Un renforcement des contrôles douaniers sur les cargaisons à destination d’Haïti. L’identification obligatoire des expéditeurs de colis, quel que soit le montant. Une coordination renforcée entre les agences fédérales (DHS, ATF, DOJ, DOD). La poursuite pénale systématique des trafiquants liés à Haïti. La mise en œuvre du Haiti Criminal Collusion Transparency Act, projet de loi bipartisan visant à exposer les réseaux politico-criminels actifs en Haïti. Une collaboration accrue avec la République dominicaine, devenue un couloir de transit pour ces armes.
Les signataires dénoncent la responsabilité directe des États-Unis dans le chaos haïtien, en raison de leur incapacité à empêcher le trafic d’armes depuis leur propre territoire.
« Couper le flux d’armes est l’action la plus urgente et la plus constructive que l’administration peut entreprendre », écrivent-ils.
Malgré les récentes déclarations du secrétaire d’État Marco Rubio affirmant que le gouvernement américain travaillait à empêcher ces trafics, les membres du Congrès estiment que les résultats se font attendre.
Une crise humanitaire et sécuritaire
En 2024, 5 601 personnes ont été tuées en Haïti, et plus de 4 000 autres ont été tuées de janvier à mai 2025. Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées, tandis que des écoles, des hôpitaux et des institutions publiques sont à l’arrêt.
La lettre conclut que le trafic d’armes en provenance des États-Unis ne fait pas que tuer en Haïti – il alimente aussi l’instabilité régionale, le trafic de drogue, l’émigration massive et la déstabilisation de toute la région.
Elle est signée par les représentants Gabe Amo, Wesley Bell, André Carson, Greg Casar, Kathy Castor, Joaquin Castro, Yvette Clarke, Madeleine Dean, Lois Frankel, Laura Gillen, Daniel Goldman, Jonathan Jackson, Pramila Jayapal, Henry Johnson, William Keating, Sarah McBride, James McGovern, Grace Meng, Kweisi Mfume, Eleanor Norton, Ayanna Pressley, Mike Quigley, Bradley Schneider, Darren Soto, Thomas Suozzi, Shri Thanedar, Ritchie Torres, Debbie Wasserman Schultz, Sheila Mc-Cormick, Maxine Waters et Frederica Wilson.
La rédaction
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