Pétion-Ville, 24 août 2026 — Le Conseil électoral provisoire (CEP) poursuit les préparatifs des prochaines élections avec la présentation de sa Plateforme d’Enregistrement des Membres de Structures Politiques — Partis Politiques, Groupements ou Regroupements de Partis Politiques. Le jeudi 20 août, à l’Hôtel Kinam, l’institution a réuni des représentants de plusieurs structures politiques agréées pour leur présenter l’outil et faire le point sur l’évolution du processus électoral.
Selon le communiqué de l’institution électorale, la rencontre a notamment porté sur le décret électoral, le financement des partis politiques, l’obligation de soumettre une liste de 30 000 membres ainsi que les enjeux liés à la situation sécuritaire. Des administrateurs de systèmes désignés par différentes formations ont également participé à une session d’orientation sur le fonctionnement de la plateforme.
Desrosiers appelle au dialogue
Dans son intervention, le président du CEP, Jacques Desrosiers, a rappelé que l’organisation des élections repose sur la participation et la volonté populaires, ainsi que sur un engagement collectif envers la nation. Il a également insisté sur les exigences d’intégrité, de compétence, de sens du devoir et de responsabilité attachées à l’exercice d’une fonction publique.
Reconnaissant l’ampleur de la mission confiée au CEP, Desrosiers a appelé à raviver l’espoir des citoyens et à favoriser leur pleine participation au processus électoral. Selon lui, le pays mérite des élections crédibles, capables d’ouvrir la voie à davantage de justice et de progrès.
À l’issue des échanges, le président du CEP a invité les partis et groupements politiques à soumettre à l’institution un mémoire regroupant leurs doléances, propositions et attentes relatives au processus électoral.
Des structures politiques réclament davantage d’informations
Malgré cette volonté affichée de dialogue, plusieurs structures politiques ont indiqué à Le Quotidien 509 ne pas avoir reçu d’invitation à cette première séance d’échanges. Elles affirment pourtant avoir communiqué leurs coordonnées au CEP lors de leur inscription.
Cette question dépasse la seule rencontre du 20 août. Plusieurs formations font état de difficultés à obtenir, de manière régulière et officielle, les informations relatives aux différentes étapes du processus et à l’utilisation de la plateforme.
EDE, dirigé par Claude Joseph, a exprimé ses préoccupations de manière particulièrement ferme. Dans une déclaration publiée sur X, le dirigeant estime que la gestion de l’enregistrement des membres risque de compromettre l’égalité des chances entre les structures politiques. Il affirme que certains partis auraient déjà eu accès à la plateforme alors qu’EDE attendrait encore de pouvoir y inscrire ses 30 000 membres.
Claude Joseph évoque ainsi une situation pouvant relever soit d’un problème de gestion du processus, soit d’une volonté de désavantager certaines formations.
KAPAB, OPL et Rasanble demandent des clarifications
Le groupement KAPAB, dirigé par Jean Gué, a également élevé la voix. Avec l’OPL, représenté par Ketel Jean Philippe, et le Parti Rasanble, représenté par Noseph Innocent, il a adressé au CEP un document daté du 24 août.
Les trois structures demandent notamment la publication de la procédure de validation des listes de membres, avec le référentiel utilisé, le mode de vérification, les délais et les voies de recours.
Elles souhaitent également que le quota de 30 000 membres soit mieux articulé avec le dépôt des candidatures, que le calendrier général soit publié sur le site du CEP et que toute modification soit officiellement notifiée aux structures agréées.
Le document demande aussi des mesures face aux éventuelles défaillances techniques de la plateforme, notamment une procédure alternative et une prolongation des délais affectés.
Les trois formations réclament par ailleurs la publication régulière des données d’inscription des électeurs par département et un examen de certaines dispositions du décret électoral du 2 juin 2026.
VIKTWA réclame des garanties d’inclusion
Le Groupement politique VIKTWA, dirigé par Camille Leblanc et regroupant 52 partis, affirme pour sa part ne pas avoir reçu d’invitation officielle aux deux journées de travail avec les partis politiques ni au tirage au sort du 19 août.
Le groupement souligne avoir pourtant fourni au CEP, lors de son inscription, ses coordonnées, notamment ses adresses électroniques et physiques. VIKTWA demande donc des garanties quant à son association aux prochaines étapes du processus.
La communication au centre des préoccupations
Le CEP réaffirme son engagement à conduire le processus de manière inclusive, impartiale, transparente et responsable. Mais les préoccupations exprimées par EDE, KAPAB, OPL, Rasanble et VIKTWA placent désormais la communication institutionnelle au cœur des attentes des formations politiques.
À l’approche des prochaines échéances, l’enjeu sera notamment de garantir que les informations sur les procédures, les délais, la plateforme et les conditions de participation soient accessibles de manière claire et simultanée à l’ensemble des structures agréées.
La rédaction
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