Le parti Les Engagés pour le développement (EDE) a désigné, ce jeudi 17 septembre 2026, l’ancien premier ministre Claude Joseph comme son candidat à la prochaine élection présidentielle. La décision, prise par le Bureau politique national (BPN), intervient alors que le parti avait annoncé l’organisation de primaires internes et que plusieurs personnalités s’étaient déjà portées candidates.

Coup de théâtre au sein de la formation politique Les Engagés pour le développement (EDE). Réuni jeudi matin à l’hôtel El Rancho, à Pétion-Ville, le Bureau politique national du parti a porté son choix sur Claude Joseph pour représenter EDE à la prochaine présidentielle. L’annonce a été faite lors d’un point de presse tenu à l’issue de la réunion.
Le choix de l’ancien premier ministre intervient pourtant dans un contexte particulier. En mai dernier, EDE avait officiellement annoncé au Conseil électoral provisoire (CEP) son intention d’organiser des élections primaires internes afin de désigner ses candidats aux prochaines compétitions électorales. Le parti présentait alors cette démarche comme une contribution au renforcement de la démocratie interne.
Dans le processus annoncé publiquement, plusieurs personnalités avaient été présentées comme prétendants à l’investiture présidentielle, notamment Helph Monod Honorat, Joseph Harold Pierre et Jean Marc Berthier Antoine. Claude Joseph, pourtant figure centrale et dirigeant d’EDE, ne figurait pas parmi les candidats publiquement présentés aux primaires.
Finalement, le BPN a décidé de désigner Claude Joseph comme candidat du parti. Selon les informations publiées par EDE, cette décision a été prise à l’unanimité. Le parti justifie ce choix notamment par le parcours politique et institutionnel de son dirigeant, son expérience de l’État, sa capacité à rassembler et son engagement politique.
La procédure suivie soulève cependant des interrogations sur le sort réservé aux primaires annoncées par EDE. Le parti avait indiqué, dans sa correspondance adressée au CEP en mai, que les prétendants devaient passer par un processus d’examen et de validation avant de pouvoir participer à la sélection interne.
La désignation de Claude Joseph sans le voir figurer parmi les candidats publiquement annoncés aux primaires risque d’alimenter les interrogations sur la démocratie interne au sein d’EDE.
La question dépasse d’ailleurs le seul cas de l’ancien Premier ministre : si une formation politique annonce des primaires pour permettre à ses membres de choisir ses candidats, mais que son principal dirigeant est finalement désigné par les instances dirigeantes sans passer par ce mécanisme, quelle place reste-t-il au vote des militants ?
Claude Joseph lui-même, lors de son inscription au registre électoral le 11 septembre dernier, avait déclaré son attachement à la participation citoyenne et à des élections « inclusives, crédibles, transparentes et démocratiques ».
Pour EDE, la désignation de Claude Joseph marque désormais l’entrée officielle du parti dans la course présidentielle. La formation appelle ses structures, ses militants et ses sympathisants à se mobiliser autour de cette candidature.
Reste à savoir si EDE fournira des explications détaillées sur les raisons ayant conduit ses dirigeants à abandonner, ou à modifier, le mécanisme de primaires annoncé quelques mois plus tôt.
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