Personne n’était au courant. Et pourtant, au moins 30 personnes sont mortes. Étouffées. Certaines sources évoquent un bilan encore plus lourd, pouvant atteindre une cinquantaine de victimes, même si les autorités locales avancent pour l’instant un chiffre d’au moins treize morts.
En ce 11 avril 2026, une simple sortie de divertissement s’est transformée en tragédie au sommet de la Citadelle Laferrière, l’un des monuments les plus sacrés et symboliques d’Haïti, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Un DJ y a organisé une soirée baptisée « Citadel Vibes 3.0 », largement promue via les réseaux sociaux. L’affiche de l’événement mentionne clairement :
une date : samedi 11 avril 2026, un point de rassemblement : Place Vertières dès 6h du matin, un programme incluant : chants, danse et divertissement, une “surprise TikToker”, et même un tarif d’entrée fixé à 1000 gourdes.
Autrement dit : l’événement n’était pas clandestin — il était public, structuré et diffusé.
Une autorité informée… mais inactive
Aucune autorisation formelle n’a été délivrée.
Contrairement aux premières informations, la mairie de Milot était informée de l’activité, sans pour autant l’avoir validée officiellement.
Le maire, Joseph Wesner, confirme un bilan d’au moins treize morts. Mais une question centrale demeure :
quelles mesures ont été prises après avoir eu connaissance de l’événement ?
Ni l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National, ni le ministère du Tourisme n’avaient été formellement saisis.
Et pourtant, des milliers de personnes ont accédé librement au site.
Une mobilisation massive alimentée par les réseaux
L’affiche annonçait un « TikToker surprise », confirmé par la promotion du créateur Dopefresh, suivi par près de 800 000 abonnés.
À cela s’ajoute l’engouement autour de Ariana Milagro Lafond, figure montante suivie par de nombreux jeunes. Résultat : une mobilisation massive, amplifiée par TikTok.
Mais cette mobilisation n’a été suivie d’aucun encadrement.
Un drame prévisible
Selon Jean Henry Petit délégué départamental de la protection Civile, le drame s’est produit lors d’un mouvement de foule : un groupe tentait d’entrer pendant qu’un autre cherchait à sortir.
Sur place : espace confiné; issues mal signalées, absence totale de dispositif de sécurité aucune présence de la police voire de la police touristique et aucune ambulance pour offrir les premiers soins et l’évacuation. Un minimum dans tout évènement de foule.
Lorsque la panique a éclaté, la Citadelle s’est transformée en piège mortel.
Une faillite à tous les niveaux
Face au drame, le ministre de la Culture, Emmanuel Ménard, a annoncé l’ouverture d’une enquête et exigé un rapport de l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National.
Mais au-delà des responsabilités individuelles, une évidence s’impose :
– L’événement était annoncé publiquement.
– Les autorités locales étaient informées.
-Personne n’a agi.
La Citadelle Laferrière n’est pas un espace ordinaire. Elle est un symbole national.
Et pourtant, elle a été transformée en espace de fête sans contrôle, sans sécurité, sans État.
Comment une telle activité a-t-elle pu se tenir ?
Qui devait intervenir — et ne l’a pas fait ?
Ce 11 avril 2026, ce n’est pas seulement une fête qui a tourné au drame.
C’est un échec collectif, où l’inaction a coûté des vies.
Brigitte Benshow

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