Les activités du Centre Ambulancier National (CAN) ont été fortement perturbées ce lundi 3 août, à la suite d’un sit-in organisé par le Mouvement Collectif des Contractuels du CAN. Les protestataires réclament le paiement de plus de 18 mois de salaires impayés, leur régularisation administrative ainsi que le renouvellement de la flotte d’ambulances, qu’ils jugent largement dépassée.

Cette mobilisation marque le début d’une série de trois journées de protestation pacifique destinée à attirer l’attention des autorités sur la situation des employés contractuels du CAN.
Au cœur des revendications figurent trois exigences principales : le versement immédiat des arriérés de salaires accumulés depuis plus d’un an et demi, la remise des lettres de nomination aux employés contractuels totalisant plus de cinq années de service, ainsi que le renouvellement de la flotte d’ambulances, dont l’état de vétusté compromettrait la qualité de la réponse aux urgences médicales.
Les manifestants ont paralysé les activités de l’institution durant toute la matinée, affirmant vouloir maintenir la pression jusqu’à ce que leurs doléances soient entendues. Ils estiment que les promesses faites par les autorités de les régulariser et de leur verser leurs salaires sont restées lettre morte.
Plusieurs employés ont également mis en cause le directeur général du CAN, le Dr Ricardo Jean-Baptiste. Ils lui reprochent notamment d’avoir supprimé certaines aides financières (cartes de débit) dont bénéficiaient auparavant les contractuels. Ces allocations leur permettaient, disent-ils, de subvenir à leurs besoins essentiels, notamment pour se nourrir, assurer leur transport et soutenir leurs familles.
Les protestataires rappellent qu’ils constituent la première ligne d’intervention lors des urgences médicales sur l’ensemble du territoire. De jour comme de nuit, disent-ils, ils répondent aux appels les plus critiques, souvent dans des conditions difficiles et parfois au péril de leur vie. Ils jugent dès lors incompréhensible de continuer à exercer sans percevoir leurs salaires ni bénéficier d’un statut administratif stable.
« L’école ouvrira ses portes le 7 septembre et nous n’avons aucun moyen de préparer nos enfants. On nous avait promis notre nomination et le paiement de nos salaires. Les employés du ministère de la Santé sont payés, mais nous, qui assurons les interventions d’urgence, nous ne recevons rien. C’est une injustice. Nous avons des familles à nourrir et nous risquons notre vie chaque jour. Puisque le CAN est l’institution qui gère les urgences, notre dossier doit aussi être traité en urgence », ont déclaré plusieurs manifestants.
Le Mouvement Collectif des Contractuels du CAN affirme que le mouvement de protestation se poursuivra tant que les autorités n’auront pas apporté de réponses concrètes à leurs revendications.
Les protestataires estiment également que la dégradation des conditions de travail et le vieillissement des ambulances affectent directement la capacité du Centre Ambulancier National à assurer efficacement sa mission de service public, dans un contexte où les besoins en interventions d’urgence demeurent particulièrement élevés en Haïti.
📲 Rejoignez Le Quotidien 509
Recevez nos dernières nouvelles directement sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp


