PORT-AU-PRINCE, 3 octobre 2026 — Après la victoire historique 4-1 des Grenadiers face à la République dominicaine, les célébrations de plusieurs joueurs haïtiens ont rapidement dépassé le cadre sportif et alimenté une controverse à la fois médiatique et diplomatique.
Auteur d’un doublé, Wilson Isidor avait notamment lancé, dans l’euphorie de la victoire, des messages interprétés en République dominicaine comme des revendications à portée politique, notamment « Haïti est ici » et « Hispaniola est Haïti ». Son coéquipier Duckens Nazon a ensuite lancé « Haïti es para nosotros », tandis que Jean-Ricner Bellegarde a défendu ses partenaires en appelant à replacer leurs propos dans leur contexte sportif.
« Le message d’Izi & Nazon était pourtant clair : FOOTBALL, chambrage, rien de plus. Arrêtons de transformer chaque mot en débat politique. »
Bellegarde estime que le véritable débat devrait désormais porter sur les moyens de faire progresser le football haïtien : « Qu’est-ce que NOUS Haïtiens faisons concrètement pour faire avancer notre football ? »
La FHF prend position
Dans un communiqué officiel daté du 3 octobre et signé par son secrétaire général, Patrick Massenat, la Fédération haïtienne de football affirme avoir pris connaissance des réactions suscitées par la célébration d’Isidor.
La FHF considère que cette célébration s’inscrivait dans un contexte sportif et exprimait l’attachement du joueur à ses origines haïtiennes. Elle estime que cet attachement « ne saurait, en lui-même, être interprété comme une marque d’hostilité ou de manque de respect » envers un autre peuple ou une autre nation.
La Fédération appelle surtout à ne pas donner à ces célébrations une portée dépassant le cadre sportif et rappelle que « le football doit rester un espace de rencontre et de rapprochement ».
Une polémique qui gagne le terrain diplomatique
La controverse ne s’est toutefois pas limitée au football.
Des déclarations attribuées à l’Ambassade d’Haïti en République dominicaine ont été relayées par plusieurs médias dominicains. Dans une note diplomatique datée du 3 octobre, référencée AH/RD/MAE : 166-26, l’Ambassade affirme cependant n’avoir publié « aucune position officielle », ni en son nom ni au nom du gouvernement haïtien.
Si les informations relayées ne correspondent pas à une position officiellement publiée par la mission diplomatique, la question d’éventuelles rectifications ou rétractations pourrait se poser.
Entre les célébrations des joueurs, les réactions dominicaines et la clarification de l’Ambassade, une rencontre de football s’est ainsi transformée en nouvelle controverse entre les deux pays.
La FHF, elle, préfère ramener le débat à l’essentiel : « Préservons le football. Préservons le respect. Préservons la fraternité. Le football nous unit. »
Une victoire suivie d’un veto
La polémique a rapidement dépassé les déclarations des joueurs. Au lendemain de la victoire 4-1 d’Haïti, le ministre dominicain des Sports, Kelvin Cruz, a annoncé que la sélection haïtienne ne pourrait plus disputer de matchs dans les installations sportives de la République dominicaine, après les incidents enregistrés aux entrées du stade Félix Sánchez.
La décision a ensuite reçu le soutien du président Luis Abinader, qui a déclaré que la position du ministre était celle du gouvernement dominicain.
Tout en défendant l’attachement des joueurs à leur identité haïtienne, la Fédération Haïtienne de Football appelle à ne pas transformer les célébrations sportives en confrontation Politique.
La rédaction
📲 Rejoignez Le Quotidien 509
Recevez nos dernières nouvelles directement sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp
