C’est avec beaucoup de peine que le monde culturel haïtien a appris la disparition de Patrick Vilaire, survenue ce 16 août 2026. Il était âgé de 84 ans.
Né le 16 septembre 1941 à Port-au-Prince, Patrick Vilaire était écrivain, sculpteur, plasticien, peintre, céramiste et collectionneur. Profondément ancré dans sa culture, il portait à travers son œuvre un message nouveau destiné aux personnes opprimées et marginalisées du pays.
Sa formation s’est construite entre Haïti et l’étranger : études de dessin dès 1955, puis de céramique, avant d’enseigner cette discipline à l’École Sainte-Trinité de Port-au-Prince pendant une décennie. Il a ensuite approfondi ses connaissances en histoire de la céramique à Panama, puis dans les énergies nouvelles à Nice.
Son œuvre sculpturale est marquée par des statues monumentales nourries du vaudou et du culte des morts, notamment ses célèbres « hommes-sièges » dépourvus de bras, à la rigidité hiératique — parmi lesquelles Baron Lacroix (1989) et Baron Samedi (1992).
Artiste de dimension internationale, Patrick Vilaire est l’un des rares artistes haïtiens à avoir été collectionné par le Centre Pompidou à Paris, à la suite de l’exposition Les Magiciens de la Terre. Sa sculpture Fauteuil président a intégré les collections du Centre Pompidou dès 1989, tandis que sa Table du dialogue avec la mort est conservée à la Fondation Cartier pour l’art contemporain depuis 1997. Ses œuvres ont voyagé jusqu’à Washington, New York, Dakar, Genève, Paris et Berlin.
Chercheur autant que créateur, il était membre de l’Académie internationale de la céramique et chercheur associé à la Smithsonian Institution depuis 2004. Il a notamment fondé le GATAPHY, structure consacrée à l’assistance technique aux potiers et à la petite hydraulique des mornes, ainsi que la Fondation pour la recherche iconographique et documentaire, consacrant une large part de son activité à l’étude et à la préservation du patrimoine haïtien.
Il reçut en mai 2010 le premier prix Édouard-Glissant, à l’Université Paris 8, pour l’ensemble de son œuvre sculpturale.
Son travail dépassait le seul champ des arts plastiques pour s’inscrire dans une réflexion plus large sur la mémoire collective et l’identité culturelle haïtiennes. Son œuvre et son engagement resteront gravés dans la mémoire culturelle d’Haïti.
Toute l’équipe de la rédaction s’incline avec respect devant la mémoire de Patrick Vilaire. En cette période de deuil, nous adressons nos condoléances les plus sincères à sa famille, à ses proches, ainsi qu’à toute la communauté artistique et culturelle d’Haïti. Que son travail continue d’inspirer les générations à venir. Repose en paix.
La rédaction
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