La musique haïtienne retrouve une voix forte et profondément engagée avec Debloke, la nouvelle création de Junior Bonheur, accompagné de la légende Roro Djakout #1.
Junior Bonheur incarne le parcours d’un jeune talent qui a su gravir les échelons de la société haïtienne. Il est originaire de Petit-Goâve, s’est d’abord fait connaître comme rappeur au sein du groupe Back-up. Repéré par Réginald Cangé, il rejoint ensuite Fasil où il développe une véritable passion pour le chant. Inspiré par des figures comme Pipo, Cubano, Jude Jean et Armstrong Jeune, il perfectionne son style jusqu’à devenir la voix principale du groupe Buzz.
Debloke est un miroir tendu à la société haïtienne : il montre nos blessures, mais surtout notre capacité à rêver encore.
Dès l’introduction, Junior Bonheur tranche net : le peuple est fatigué. Fatigué de la violence, fatigué du blocage, fatigué d’un quotidien qui n’offre plus d’air. À travers des paroles, il rappelle que la paix ne viendra ni par miracle, ni de l’étranger. « Se nou menm ki pou soti tèt nou nan sa nou ye la », chante-t-il, invitant chaque citoyen à prendre conscience de son rôle dans la reconstruction du pays. Abandonner la fierté inutile, retrouver le sens de la solidarité : voilà son premier appel.
La chanson se transforme ensuite en hommage vibrant à la vie qui manque à Haïti. Junior Bonheur rêve de revoir les enfants sur le chemin de l’école, les madan sara animant le marché de la Croix-des-Bossales (Kwabosal), les belles femmes créoles redonnant couleur aux places publiques, et même le carnaval résonnant de nouveau sur le Champ de Mars. Ces images simples, presque nostalgiques, rappellent combien l’insécurité nous a volé l’essentiel.
Le refrain insiste : pour revivre, il faut « débloquer ». Débloquer Martissant, Canaan, Croix-des-Bouquets, et tous ces espaces confisqués par les gangs. Débloquer le pays pour permettre le retour de la diaspora, du tourisme, du mouvement.
Roro Djakout #1 apporte une couche supplémentaire de vérité en questionnant les autorités : « Kot la mari ? » Une interrogation qui résonne comme un verdict, tant l’État semble absent dans la tourmente actuelle.
Avec sa mélodie soignée et un clip riche en couleurs locales, Debloke devient plus qu’un succès : un message clair, un rappel que la culture reste l’un des derniers bastions de notre espoir.
Jameson Joseph
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