Le 28 août est une date tristement célèbre dans l’histoire récente d’Haïti. Elle renvoie à deux assassinats qui ont profondément marqué la société haïtienne : celui du Père Jean-Marie Vincent, tué le 28 août 1994, et celui de Me Monferrier Dorval, bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, assassiné le 28 août 2020.

Il s’agit de deux personnalités issues de milieux différents, mais toutes deux engagées dans la défense de la justice, de la dignité humaine et d’une société plus respectueuse des droits. Elles ont été fauchées par la violence et on se demande quand la justice sera-t-elle enfin rendue ?
Trente-deux ans après l’assassinat du Père Jean-Marie Vincent, la Fondation Jean-Marie Vincent déplore l’absence de justice dans ce dossier.
Dans une note publiée à l’occasion de ce triste anniversaire, la fondation souligne que la mémoire de ce prêtre montfortain, engagé aux côtés des paysans, des ouvriers, des populations vulnérables et des défenseurs de la justice sociale, continue de hanter une société confrontée à l’échec récurrent de son système judiciaire.
Le Père Jean-Marie Vincent a été assassiné le 28 août 1994, dans un contexte politique particulièrement violent. Le pays était alors sous un régime militaire de facto issu du coup d’État du 30 septembre 1991 contre le président Jean-Bertrand Aristide.
Pour la Fondation Jean-Marie Vincent, le meurtre du religieux doit être replacé dans ce contexte de répression politique.
Jean-Marie Vincent n’était pas un prêtre enfermé dans les murs de son église. Il avait fait de l’engagement social une véritable mission.
Son action auprès des populations défavorisées faisait de lui une figure importante de la lutte pour la justice sociale et la transformation de la société haïtienne.
Dans l’autre cas, six ans après l’assassinat de Me Monferrier Dorval, le constat dressé par ceux qui réclament justice n’est guère plus rassurant.
Le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince a été assassiné le 28 août 2020 devant sa résidence à Pèlerin 5.
Sa mort avait provoqué une onde de choc dans le pays et suscité de nombreuses interrogations sur les circonstances du crime et les éventuels commanditaires.
Six ans après, le dossier continue de susciter frustration et indignation au sein du secteur juridique.
Le responsable de la structure dénommée « Nou se Dorval », Me Iswick Théophin, dénonce l’absence d’avancées significatives dans l’enquête sur l’assassinat de l’ancien bâtonnier.
Selon lui, rien de véritablement concret n’a été réalisé pour faire progresser le dossier.
Me Théophin appelle ainsi les autorités judiciaires à prendre les dispositions nécessaires pour que la lumière soit faite sur ce dossier.
Il affirme l’anniversaire de l’assassinat du bâtonnier est célébré dans un climat marqué par l’amertume, la détresse et la désolation.
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