Une plainte pour viol déposée à la frontière de Dajabón, une importante saisie de cocaïne au large de Pedernales et la publication d’un ouvrage sur les origines partagées de l’île replacent simultanément les relations haïtiano-dominicaines au centre de l’actualité.
À Dajabón, une femme haïtienne identifiée comme Viergeline Jean affirme avoir été agressée sexuellement dans la nuit du 19 avril, alors qu’elle tentait de franchir la clôture périmétrique près du canal La Vigía. Selon son témoignage, elle aurait été interceptée par plusieurs individus présentés comme membres de l’armée dominicaine. Saisie du dossier, la juge intérimaire Aleyda Franco Tejada a ordonné l’arrestation d’un militaire, Natanael Nova de los Santos, tandis que le parquet poursuit les investigations. Les autorités indiquent que cette mesure vise à garantir la comparution du suspect dans le cadre de la procédure en cours.
L’affaire intervient dans un contexte de vigilance accrue autour de la frontière nord, régulièrement marquée par des tensions liées aux flux migratoires, à la sécurité et aux activités informelles. Des organisations de défense des droits humains ont exprimé des préoccupations quant à la nécessité d’une enquête indépendante et transparente.
Parallèlement, sur le plan sécuritaire régional, une opération conjointe menée le 17 avril par la Dirección Nacional de Control de Drogas (DNCD), les forces armées dominicaines et la Drug Enforcement Administration (DEA) a conduit à la saisie de 1 707 kilogrammes de cocaïne au large de Pedernales.
Cette intervention a été coordonnée avec la Joint Interagency Task Force South, structure dédiée à la lutte contre le trafic de drogue dans la région. Selon les autorités, cette opération s’inscrit dans une stratégie de coopération internationale visant à perturber les réseaux criminels transnationaux. Les analyses effectuées par l’Instituto Nacional de Ciencias Forenses ont confirmé la nature de la cargaison, tandis que des opérations de suivi restent en cours pour identifier d’éventuels complices.
Dans un registre différent, mais lié aux dynamiques historiques entre les deux pays, le journaliste et écrivain Rafael Núñez a récemment présenté son ouvrage Santo Domingo : Génesis y ruptura de dos naciones. L’événement s’est tenu à la Bibliothèque Nationale Pedro Henríquez Ureña, en présence du président Luis Abinader. L’auteur y retrace les origines communes de l’île, depuis les sociétés précolombiennes jusqu’aux processus de colonisation et de division territoriale.
L’ouvrage met en avant les différences structurelles issues notamment de la colonisation française à l’ouest et des transformations socio-économiques à l’est, considérées comme des facteurs ayant contribué à la formation de deux trajectoires nationales distinctes.
Des historiens, dont Juan Daniel Balcácer et Eliades Acosta, ont souligné le caractère documenté de cette analyse, qui intègre des éléments de l’histoire haïtienne souvent peu abordés dans l’historiographie dominicaine. Ces trois développements, relevant de domaines judiciaire, sécuritaire et académique, illustrent des dimensions complémentaires des interactions entre Haïti et la République dominicaine, entre gestion des crises contemporaines et relecture des héritages historiques.
Soraya Ades
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