Port-au-Prince, 24 août 2026. — Le Ministère des Affaires étrangères et des Cultes (MAEC) a prolongé la mission spéciale dépêchée le 20 août auprès de l’Ambassade d’Haïti au Chili. Composée de cadres du MAEC et de membres de la DCPJ, elle vise à réduire l’engorgement des services consulaires, notamment pour l’obtention du certificat de bonne vie et mœurs et de la carte d’identification nationale.
Des centaines d’Haïtiens devant l’ambassade
La crise a éclaté au grand jour le 22 août, lorsque des centaines de ressortissants haïtiens se sont rassemblés devant l’ambassade à Santiago pour réclamer leurs documents. Selon des informations rapportées par HaitiLibre, certains dénonçaient les difficultés liées au certificado de antecedentes penales, nécessaire dans plusieurs procédures auprès du Service national des migrations chilien (SERMIG).
La situation avait dégénéré avec l’entrée de manifestants dans les locaux diplomatiques et l’intervention de la police chilienne. Des membres de la communauté ont également dénoncé le paiement de sommes importantes pour des documents présumés invalides ou jamais délivrés.
Une diaspora devenue incontournable
La crise met en évidence l’augmentation rapide de la communauté haïtienne au Chili, particulièrement dans la région métropolitaine de Santiago, particulièrement dans la commune de Quillicura, une banlieue de la capitale.
Les estimations évoquent 180 000 à 200 000 Haïtiens dans le pays.
Cette diaspora représente également un enjeu économique important. En 2025, Haïti aurait reçu environ 126 millions de dollars de transferts provenant du Chili, selon des données de la Banque centrale chilienne rapportées par la presse locale.
Le MAEC appelle à éviter les intermédiaires
Dans ce contexte tendu, le Ministère appelle les ressortissants haïtiens à utiliser exclusivement la plateforme officielle de rendez-vous, gratuitement et sans intermédiaire. Selon Marckenson Jean-Baptiste, de la plateforme T-Zen Haïti, le système aurait été mis en place en 2019, sous l’ambassadeur Monesty Fanfil, pour mieux réguler les flux du service consulaire et limiter les pratiques informelles.
La ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin, affirme vouloir garantir, conformément aux orientations du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, des services consulaires « accessibles, efficaces et de proximité ».
La prolongation de la mission apporte une réponse immédiate. Mais la crise de Santiago pose une question de fond : l’État haïtien dispose-t-il aujourd’hui des moyens consulaires nécessaires pour accompagner une diaspora devenue aussi importante ?
En République Dominicaine, l’image d’Haïti se dégrade également.
La rédaction
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