Ouanaminthe, 27 mai 2026 – Dans une interview accordée au Nouvelliste, Fernando Capellán, dirigeant de CODEVI (Groupe M), met en garde contre la confusion salariale qui paralyse le secteur de l’habillement. Cette ambiguïté, combinée aux arrêts de travail, menace directement la compétitivité et l’avenir des emplois.
« Sans emplois, il n’y a pas d’industrie ; et sans industrie, il n’y a pas de fondement pour HOPE/HELP. De même, sans travailleurs, il n’y a pas de syndicats. »
Cette déclaration forte résume l’urgence exprimée par l’industriel dominicain. Il évoque explicitement les arrêts de travail qui impactent la production à CODEVI « dans un contexte de quasi-grève », et surtout la « confusion » autour du salaire minimum et du salaire de production.
Le flou qui bloque tout
Le décret salarial publié en mai 2026 fixe :
- 1 000 HTG par jour comme salaire minimum dans le segment F (sous-traitance et industries d’exportation, dont le textile).
- 1 300 HTG par jour comme salaire de production dans d’autres branches manufacturières.
Cette double référence crée un flou total pour le secteur :
- Les travailleurs et syndicats se demandent si le véritable minimum est passé à 1 300 HTG.
- Les entreprises ne savent pas comment appliquer concrètement base + primes sans exploser les coûts.
Un secteur au bord du précipice
« La confusion autour de l’application du nouveau salaire minimum n’est pas anodine », avertit l’homme d’affaires dominicain Fernando Capellán dans des déclarations rapportées par Le Nouvelliste, soulignant que le secteur textile haïtien traverse déjà une crise profonde. Selon lui, les entreprises doivent faire face à une hausse des coûts estimée entre 30 % et 46 %, dans un contexte marqué par l’insécurité, la volatilité de la gourde, les difficultés d’approvisionnement entre autres.
Dans les meilleurs moments, le parc industriel de CODEVI générait près de 24 000 emplois directs, mais ce chiffre serait aujourd’hui tombé à environ 15 000 en raison de l’instabilité persistante, des perturbations de production et des fermetures répétées d’usines.
« De nombreux fabricants envisagent déjà de demander des augmentations de prix d’environ 32 % dans les prochains mois afin d’absorber partiellement les nouveaux coûts de main-d’œuvre », explique Capellán, toujours cité par Le Nouvelliste.
Il prévient toutefois que si l’interprétation imposant un salaire de production à 1 300 gourdes était appliquée à l’ensemble du secteur, « l’augmentation réelle avoisinerait les 90 % », un niveau qu’il juge « commercialement non viable ». Une telle situation ferait d’Haïti l’un des pays de la région aux coûts de main-d’œuvre les plus élevés dans l’industrie de l’habillement, avec le risque d’un effondrement de la compétitivité, de nouvelles fermetures d’usines et de pertes massives d’emplois.
« Sans emplois, il n’y a pas d’industrie… »
La confusion actuelle n’est pas seulement technique : elle est existentielle. Elle risque d’accélérer le déclin d’un secteur déjà exsangue, avec des conséquences dramatiques sur la pauvreté, l’emploi des jeunes et la stabilité du pays.
Fernando Capellán, investisseur historique à la frontière depuis plus de 20 ans, lance un appel urgent au gouvernement Alix Didier Fils-Aimé
La rédaction
📲 Rejoignez Le Quotidien 509
Recevez nos dernières nouvelles directement sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp


