Port-au-Prince, 14 juillet 2025 – La Police nationale d’Haïti (PNH) a frappé fort le dimanche 13 juillet avec la saisie de 1 045 kilos de cocaïne sur l’île de la Tortue, dans le Nord-Ouest. L’opération, menée avec l’appui du BLTS, de l’UDMO et des Gardes-Côtes, a été dirigée sous les ordres du directeur général Rameau Normil. Félicitations DG Rameau.
Bizarrement, ce n’est pas la PNH qui a annoncé la nouvelle en premier : c’est Fritz Alphonse Jean, président du Conseil présidentiel de transition (CPT), qui a publié l’information à 10:47 PM sur X, en soulignant le mérite personnel du DG Normil. Ce n’est que ce matin du 14 juillet que la PNH a publié l’information du X à 6heures11 AM.
Quand le DG veut, il peut ?
Si cette saisie record mérite d’être saluée, elle révèle aussi un malaise : pourquoi une telle efficacité pour la cargaison de drogue… et aucune coordination pour freiner les gangs armés, libérer les enfants enlevés ou protéger des zones abandonnées comme Kenscoff, commune natale du DG, où un commissariat a été incendié sans riposte ?
Deux contrats de sécurité en attente : vers un État parallèle ?
En toile de fond, la sécurité du pays semble se négocier en dehors des canaux officiels.
Selon le média Métronome, un contrat avec Security Partners LLC — visant le déploiement d’ex-militaires étrangers pour combattre les gangs — est en attente de signature depuis plus d’un mois au niveau de la Primature.
De son côté, Le Quotidien 509 a obtenu copie d’un contrat de 9 pages, daté du 12 avril 2025, entre la République d’Haïti (représentée par Fritz Jean) et la firme Caribbean International Commerce Holdings (CICH), basée à Porto Rico. Ce contrat prévoit un accompagnement stratégique en sécurité physique.
Mais aucun des deux documents n’a été signé à ce jour. Et pour cause : seule une autorité gouvernementale dûment habilitée peut légalement engager l’État, ce que le président du CPT ne représente pas formellement, selon plusieurs sources administratives.
Une sécurité nationale sans boussole ?
Entre la mission kényane, les promesses bilatérales non coordonnées, les contrats privés non signés, les livraisons d’armes et d’équipements à la carte des pays amis , et les annonces politiques diffusées avant même les communiqués officiels, l’insécurité en Haïti devient un trou noir institutionnel.
Ce que prouve l’opération à la Tortue, c’est que quand la volonté politique et les moyens convergent, les résultats sont là.
Mais une question demeure : qui pilote vraiment la sécurité du pays ?
À moins d’un mois du départ annoncé de Fritz Jean, l’espoir demeure que la Primature et le Conseil présidentiel de transition puissent enfin s’entendre sur une vision commune de la sécurité nationale. Pendant que les crises internes se multiplient entre le président du CPT, le DG Normil et le PM Didier Fils-Aimé, le peuple, lui, continue de mourir dans l’indifférence.
La rédaction
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