Port-au-Prince, 1er avril 2026. En pratique, une hausse du carburant de 15 à 25 % entraîne presque automatiquement une augmentation du coût du transport public, de l’ordre de 20 %. Pour les petits commerçants et les détaillants, dont les marges sont souvent inférieures à 15 %, cette situation les oblige à répercuter ces coûts sur les consommateurs. Ainsi, les produits alimentaires de base enregistrent fréquemment des hausses comprises entre 10 et 30 %, selon leur provenance.
Cette inflation diffuse pèse lourdement sur les ménages. En Haïti, près de 65 % des dépenses des familles sont consacrées à l’alimentation. Une augmentation, même modérée, des prix réduit immédiatement la capacité des foyers à satisfaire leurs besoins essentiels. Dans certains quartiers urbains, des enquêtes locales estiment que plus de 50 % des ménages réduisent la quantité ou la qualité de leur alimentation après une hausse du carburant.
Face à cette réalité, les revenus ne suivent pas. Le salaire minimum, qui concerne une minorité de travailleurs, reste insuffisant pour absorber des hausses cumulées du coût de la vie pouvant atteindre 20 à 30 % sur une courte période. Quant au secteur informel, qui représente plus de 60 % de l’économie, il ne bénéficie d’aucun mécanisme de protection.
Ce déséquilibre alimente une spirale préoccupante : baisse du pouvoir d’achat, ralentissement de la consommation et fragilisation des petites activités économiques. À terme, c’est toute l’économie qui s’en trouve affaiblie.
Joseph Jameson
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