Au lendemain de la publication du calendrier électoral révisé par le Conseil électoral provisoire (CEP), plusieurs acteurs expriment de sérieux doutes quant à la possibilité d’organiser les élections aux dates annoncées. Ils évoquent la crise sécuritaire qui continue de secouer le pays.
L’économiste Paul Latortue estime que la tenue des élections le 13 décembre 2026, comme le prévoit le nouveau calendrier, demeure hautement improbable dans le contexte actuel. Selon lui, si le scrutin venait malgré tout à être organisé dans ces conditions, il s’agirait d’« élections bidon », faute de garanties minimales permettant une participation libre et inclusive de la population.
Il rappelle que le département de l’Ouest constitue le principal bassin électoral du pays, tandis que l’Artibonite arrive en deuxième position en termes d’électeurs potentiels.
À ses yeux, les difficultés de déplacement des citoyens dans ces régions, largement affectées par l’insécurité, compromettent sérieusement l’organisation d’un scrutin crédible.
Paul Latortue souligne notamment que des groupes armés contrôlent une partie importante de la région métropolitaine de Port-au-Prince ainsi que plusieurs communes du Bas-Artibonite.
De son côté, Pierre-Robert Auguste, dirigeant de l’Association des entrepreneurs de l’Artibonite (AEA), qualifie la publication du calendrier électoral de « mise en scène » orchestrée par le gouvernement et le CEP. Il considère qu’il s’agit d’une manœuvre dilatoire destinée à prolonger le maintien des autorités actuelles au pouvoir.
Il déplore également l’absence de mesures efficaces pour rétablir la sécurité et mettre fin à l’emprise des groupes armés sur plusieurs régions du pays, estimant qu’il est illusoire de parler d’élections sans une amélioration substantielle de la situation sécuritaire.
Le Conseil électoral provisoire a publié, lundi, un calendrier révisé prévoyant la tenue simultanée du premier tour des élections présidentielle et législatives ainsi que du référendum constitutionnel le 13 décembre 2026. Le second tour de la présidentielle est programmé pour le 27 février 2027, en même temps que les élections locales.
Toutefois, le CEP lui-même reconnaît que le respect de ce calendrier reste conditionné à deux facteurs essentiels : une amélioration significative de la situation sécuritaire et la disponibilité des ressources financières et logistiques nécessaires à la poursuite des opérations électorales.
Ces réserves, exprimées tant par des observateurs que par le Conseil électoral, illustrent les nombreuses incertitudes qui entourent encore le processus électoral.
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