Le Bas-Artibonite a été secoué, ces derniers jours, par deux attaques meurtrières attribuées à des groupes armés. Au moins une vingtaine de personnes ont été tuées dans les localités de Dosni, à Gros-Morne, et de Palmiste, dans la 2e section communale de Petite-Rivière de l’Artibonite. Plusieurs autres personnes ont également été blessées, tandis que des habitants ont été pris en otage ou contraints de fuir leurs communautés.

À Dosni, la 3e section communale de Rivière-Blanche, Gros-Morne, des individus présentés comme des membres du gang « Kokorat San Ras » ont tué au moins 12 personnes ce lundi matin.
Cette attaque survient après une intervention menée par un groupe de la Force de répression des gangs (FRG) dans le fief du gang, au niveau de la 4e section. Cette opération avait fait au moins trois blessés parmi les membres du groupe armé.
L’agent exécutif intérimaire à la mairie de Gros-Morne, Hubert Cénéac, a présenté l’attaque de Dosni comme une action de représailles à l’intervention des forces engagées contre les groupes armés dans les zones qu’ils contrôlent.
Il affirme qu’après l’intervention de la FRG à Dosni, des membres du gang ont envahi la localité de Rivière-Blanche et incendié plusieurs maisons appartenant à des riverains de la zone.
Hubert Cénéac dit également redouter une aggravation de la situation dans les prochains jours si les forces de sécurité, notamment la FRG et la Police nationale d’Haïti, ne renforcent pas leur présence à Dosni ainsi que dans le centre-ville de Gros-Morne.
Une autre attaque meurtrière avait déjà frappé la localité de Palmiste, dans la 2e section communale de Petite-Rivière de l’Artibonite, samedi dernier.
Au moins huit personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées par balles et à l’arme blanche lors d’une attaque attribuée à des membres des gangs « Gran Grif » et « Palmis ».
Les violences ont été déclenchées après que des membres d’un groupe d’autodéfense eurent enlevé une femme et un chauffeur de taxi-moto, présentés comme des proches de membres des groupes armés concernés. La femme est identifiée comme une nièce du chef du gang « Palmis ».
En représailles, les gangs ont capturé plusieurs centaines de riverains et menacé de les exécuter si les deux personnes détenues par le groupe d’autodéfense n’étaient pas libérées.
Selon Bertide Horace, porte-parole de la Commission de dialogue, de réconciliation et de conscientisation, plusieurs otages qui tentaient de prendre la fuite ont été abattus, tandis que d’autres ont été blessés par balles ou à l’arme blanche.
Les deux personnes détenues allaient finalement été libérées vers une heure du matin, ce qui a permis aux autres otages de recouvrer leur liberté à leur tour.
Le bilan cumulé des deux attaques s’élève à au moins une vingtaine de morts, sans compter les blessés et les dégâts matériels signalés à Gros-Morne.
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