Lors du deuxième Sommet Afrique–CARICOM organisé à Addis-Abeba, l’Union africaine (UA) a franchi une étape historique en rejoignant officiellement la Communauté des Caraïbes (CARICOM) dans leur demande de réparations pour l’esclavage transatlantique et la colonisation.
Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, a déclaré que cette alliance vise à honorer les ancêtres, défendre les descendants et bâtir un avenir commun fondé sur la justice. Ce rapprochement stratégique entre l’Afrique et les Caraïbes renforce les liens politiques, économiques et culturels des deux régions.
Les revendications portent sur :
- des compensations financières,
- la restitution d’artefacts pillés,
- des excuses officielles,
- et une réponse globale au défi climatique, conséquence aggravée par le colonialisme.
Face aux refus persistants des anciennes puissances coloniales, les États concernés envisagent désormais de saisir des juridictions internationales. La Jamaïque, par exemple, veut interpeller le roi Charles III afin d’obtenir un avis du Comité judiciaire du Conseil privé britannique.
La lutte pour une justice réparatrice mondiale
La notion de réparation s’appuie sur la nécessité de corriger les injustices historiques subies par les Africains et leurs descendants : traite négrière, colonisation et néocolonialisme. L’objectif est de leur permettre de rattraper un retard de développement hérité de ces crimes et d’être compétitifs dans un monde globalisé.
L’histoire offre déjà des précédents :
- abolition de l’esclavage,
- émancipation des peuples,
- mouvement pour les droits civils aux États-Unis,
- affirmative action pour corriger les discriminations raciales.
Pourtant, les résistances persistent. Certains discours racistes continuent de nier la responsabilité de la traite dans l’émergence du racisme, renversant la causalité.
En mai 2001, le parlement français a reconnu la traite négrière comme crime contre l’humanité, inscrivant son enseignement dans les programmes scolaires et universitaires. Mais lors de la Conférence mondiale de Durban contre le racisme, boycottée par les États-Unis, la délégation française a refusé de soutenir la demande de reconnaissance officielle du colonialisme comme crime contre l’humanité et comme péché historique.
Haïti, symbole du poids des réparations coloniales
Deux siècles plus tard, le 17 avril 2025, le président français Emmanuel Macron a reconnu que cette dette représentait un « prix sur la liberté » du peuple haïtien. Une déclaration symbolique, mais insuffisante pour solder des siècles de spoliations.
Une bataille mondiale qui s’intensifie
Le front commun Afrique–Caraïbes marque une nouvelle étape de la justice réparatrice mondiale. Les regards se tournent désormais vers :
- les tribunaux internationaux,
- les monarques européens comme le roi Charles,
- et les États occidentaux qui refusent toujours d’assumer pleinement leur responsabilité historique.
La lutte pour les réparations ne relève plus seulement du passé : elle engage l’avenir du développement, de la justice climatique et de la dignité des peuples afro-descendants.
La Rédaction
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