Port-au-Prince, 22 décembre 2025. Près de vingt mois après le lancement de la transition politique, les signataires de l’Accord de Montana livrent un bilan sévère de la gouvernance actuelle.
Dans un document rendu public, ils estiment que la transition n’a pas permis de répondre aux principaux défis du pays, notamment en matière de sécurité et de conditions de vie, dénonçant une aggravation de l’insécurité et une extension du contrôle des groupes armés sur de nouvelles zones du territoire depuis la prise de fonction du Premier ministre en exercice. Les auteurs critiquent également la structuration du pouvoir exécutif, qu’ils qualifient de déséquilibrée.
Selon eux, la concentration des prérogatives au sommet de l’État s’écarte des dispositions prévues par la Constitution de 1987 et s’accompagne d’un affaiblissement des mécanismes de contrôle institutionnel. Le texte évoque par ailleurs le rôle jugé déterminant de la communauté internationale dans les décisions majeures de la transition. Sur la base de ces constats, les signataires appellent à une redéfinition du cadre transitoire. Ils recommandent la démission des membres du Conseil présidentiel de transition ainsi que celle du chef du gouvernement, afin de permettre la mise en place d’un nouveau dispositif.
Le projet présenté repose sur l’adoption d’un cadre normatif en onze articles. Il prévoit la création d’une « Conférence des parties prenantes », regroupant les organisations ayant participé à l’Accord du 3 avril 2024. Cette structure serait appelée à jouer un rôle central dans la désignation et le suivi des autorités de transition. Le document propose également l’instauration d’un Conseil présidentiel collégial composé de trois membres, chargé de l’exercice du pouvoir exécutif.
Le Premier ministre serait désigné par la Présidence, après consultation de la Conférence. Un Organe de contrôle de la transition, constitué de neuf membres issus de cette même instance, serait chargé de superviser l’action gouvernementale et d’accompagner les réformes institutionnelles, diplomatiques et judiciaires. Cependant, cette prise de position soulève des interrogations sur la cohérence politique de l’Accord de Montana. Fritz Alphonse Jean, ancien conseiller présidentiel, avait été désigné par ce regroupement pour siéger au Conseil présidentiel de transition (CPT).
Or, le mouvement n’a jamais exigé son retrait officiel de cette instance, malgré les dérives aujourd’hui dénoncées, sanctions américaines contre M. Jean, corruption à grande échelle etccc . Fritz Jean a rappelé son appartenance à l’accord de Montana par un tweet :« Les signataires de l’Accord Montana, les représentants des antennes des 10 départements, au rendez-vous ce dimanche 21 décembre à l’hôtel Montana pour échanger sur la conjoncture politique et l’avenir. Une journée politique fructueuse. »
Par ailleurs, l’Accord de Montana n’a pas été un simple observateur du processus transitoire. Plusieurs de ses membres ont occupé, et occupent encore, des fonctions stratégiques au sein de l’appareil d’État, participant directement à la gestion politique, institutionnelle et administrative de la transition.
Une réalité qui alimente les critiques sur une responsabilité partagée dans l’échec du dispositif actuel.
Ronald André
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