Plusieurs centaines de personnes sont descendues dans les rues de Port-au-Prince et de plusieurs villes de province, ce vendredi 6 novembre, pour exprimer leur soutien au président salvadorien Nayib Bukele et à son initiative visant à combattre les gangs armés en Haïti. Les manifestants ont également dénoncé l’inaction des autorités haïtiennes face à l’insécurité et réclamé des comptes à l’entreprise du mercenaire américain Eric Prince.

Les mobilisations ont notamment été signalées à Port-au-Prince, Jérémie, Belladère, Mirebalais, Thomonde et Jacmel. Les protestataires ont salué le déploiement de plusieurs milliers de militaires salvadoriens en Haïti dans le cadre de la lutte contre les groupes armés, notamment ceux de la coalition « Viv Ansanm ». Selon les informations communiquées, environ 2 500 militaires salvadoriens sont déployés dans le pays.
Les manifestants ont vivement critiqué les autorités haïtiennes, qu’ils accusent de passivité face à la crise sécuritaire qui frappe le pays depuis plusieurs années.
Ils dénoncent notamment les assassinats de civils, les enlèvements, l’installation de postes de péage illégaux par les gangs et la destruction de nombreuses entreprises, entraînant la perte de plusieurs centaines d’emplois.
À Port-au-Prince, le policier Samuel Joasil, responsable de la brigade de Canapé-Vert, a salué l’intervention étrangère dans la lutte contre les gangs.
Il a également fustigé l’attitude des autorités étatiques, qu’il accuse de rester spectatrices face aux violences qui ravagent le pays. Il a, par ailleurs, défendu son choix de s’inscrire comme candidat sous la bannière BEBLOKE pour la mairie de Port-au-Prince.
Les protestataires ont aussi dénoncé le contrat de la société de mercenaires dirigée par Eric Prince pour contribuer à la lutte contre l’insécurité en Haïti. « Plus de 52 millions par an pour aucun résultats », ont soutenu les protestataires. Aussi, ils réclament la restitution à l’Etat de cet argent, rappelant que le président Nayib Bukele a récemment fait savoir que ses troupes ne sont pas en Haïti pour de l’argent et que le trésor public salvadorien finance, à 90%, les opérations dans le pays.
Dans la localité de Domond, dans la commune de Mirebalais, plusieurs centaines de personnes ont également manifesté vendredi pour soutenir l’initiative du président salvadorien. Elles ont appelé Nayib Bukele à poursuivre les opérations contre les gangs, à condition que son engagement en Haïti soit sérieux et durable.
Dans l’Artibonite, l’initiative de Nayib Bukele reçoit également des marques de soutien. Le président du Syndicat des planteurs visionnaires pour le développement de l’Artibonite (SPVDA), René Charles, a salué la décision du dirigeant salvadorien d’envoyer des troupes en Haïti pour contribuer au combat contre les gangs armés.
Il souhaite notamment que les militaires salvadoriens interviennent dans le Bas-Artibonite, une région confrontée aux exactions des groupes armés Gran Grif et Kokorat San Ras, qui sèment la terreur et détruisent les activités économiques dans la région.
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