Haïti et la République dominicaine se sont toutes deux abstenues, le 28 octobre 2026, lors du vote de l’Assemblée générale des Nations unies sur la résolution demandant la levée de l’embargo américain contre Cuba.
Le texte a été adopté pour la 34ᵉ fois. Il a recueilli 130 voix pour, 17 contre et 25 abstentions, contre 165 voix pour, 7 contre et 12 abstentions l’année précédente. Il s’agit du plus faible niveau de soutien depuis 1995. La Havane accuse Washington d’avoir fait pression sur les États membres. Selon les autorités cubaines, les États-Unis ont menacé certains pays de droits de douane, de restrictions de visas et d’autres sanctions s’ils votaient en faveur du texte.
Une CARICOM divisée
Le vote a mis en lumière des divisions au sein de la Communauté caribéenne. Trinité-et-Tobago a été le seul État membre à voter contre la résolution. La Jamaïque, le Guyana et Haïti se sont abstenus, tandis qu’Antigua-et-Barbuda, la Dominique et Sainte-Lucie n’ont pas pris part au vote. Sept autres membres ont soutenu le texte. La Jamaïque a justifié son abstention par une double préoccupation : les restrictions extérieures imposées à Cuba et la nécessité de réformes économiques et institutionnelles sur l’île.
Deux trajectoires différentes
Pour Haïti, l’abstention marque un recul. Le pays avait voté en faveur de la résolution en 2025.
Le cas dominicain est différent. La République dominicaine n’avait même pas participé au vote l’an dernier. Elle s’est abstenue cette année aux côtés du Chili, du Honduras et du Pérou. Ce choix s’inscrit dans une série de signaux récents. En juillet, Saint-Domingue s’était déjà abstenue lors du vote autorisant un débat urgent sur l’embargo. Le 13 août 2026, le pays avait aussi ordonné l’expulsion de neuf diplomates cubains, une décision que La Havane avait dénoncée comme un acte de soumission à la politique américaine.
Une portée symbolique
Ces abstentions ne suffisent pas, à elles seules, à établir un changement durable de politique étrangère des deux pays à l’égard de Cuba ou des États-Unis. Elles traduisent toutefois un repositionnement prudent dans un contexte de forte pression diplomatique de Washington.
La résolution reste non contraignante. Seul le Congrès américain a le pouvoir de lever l’embargo.
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