Les étudiants de la Faculté de médecine et de pharmacie (FMP), de l’École de biologie médicale et d’optométrie de l’Université d’État d’Haïti (UEH) expriment leur indignation face au non-respect des engagements du ministre de la santé publique, le Dr Bertrand Sinal, concernant la relocalisation de l’Hôpital général. Ils réclament la reprise urgente des activités de ce centre hospitalo-universitaire, fermé depuis 32 mois, et menacent de reprendre la mobilisation.

La colère monte chez les étudiants en médecine de l’Université d’État d’Haïti. Face à la fermeture prolongée de l’Hôpital général, ils dénoncent l’absence de mesures concrètes des autorités sanitaires pour le relocaliser malgré les engagements pris à la suite des mouvements de protestation organisés en juillet dernier.
Le président du conseil des étudiants de la Faculté de médecine et de pharmacie de l’UEH, Esdras Paul, rappelle que 32 mois après la fermeture de l’Hôpital général, les conséquences demeurent particulièrement lourdes pour les populations les plus vulnérables. Les patients nécessitant des soins spécialisés, notamment des séances de dialyse, rencontrent d’importantes difficultés pour accéder aux traitements dont ils ont besoin.
À cette crise sanitaire s’ajoutent les difficultés auxquelles sont confrontés les étudiants, privés d’un espace essentiel à la poursuite de leur formation pratique. Il rappelle que le ministre Bertrand Sinal avait pourtant annoncé la préparation d’un nouveau site destiné à accueillir les services de l’hôpital.
Pour Esdras Paul, la fermeture prolongée de l’Hôpital général constitue un sérieux problème pour l’ensemble du système sanitaire haïtien. Principal centre hospitalo-universitaire du pays, cet établissement joue un rôle majeur dans la prise en charge des patients, la formation des futurs médecins ainsi que la recherche médicale.
« Lorsqu’un tel établissement ferme ses portes, les conséquences sont considérables », fait-il valoir, s’interrogeant sur la place accordée à la santé dans les priorités des autorités.
L’absence de perspectives claires concernant la relocalisation de l’hôpital accentue ainsi les inquiétudes des étudiants, qui estiment que la situation ne peut plus perdurer au détriment des malades.
De son côté, Milot Exantus lance un appel pressant au ministre de la Santé publique, Bertrand Sinal, ainsi qu’au gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé, afin qu’ils prennent sans délai les dispositions nécessaires à la relocalisation de l’Hôpital général et à la reprise de l’ensemble de ses services.
Il prévient que, faute de mesures concrètes, les étudiants reprendront la mobilisation. Cette fois, avertit-il, leur mouvement ne se limiterait pas nécessairement aux seuls étudiants de la Faculté de médecine et de pharmacie.
Milot Exantus rappelle que le Dr Sinal avait promis la réouverture de l’HUEH avant la fin du mois de septembre. « Nous sommes presqu’à la fin du mois d’octobre, fait-il remarquer.
Il réclame la relocalisation complète de l’institution, avec ses 13 services, et rejette toute nouvelle promesse qui ne serait pas suivie d’effets.
Les étudiants exigent désormais des décisions concrètes et une relocalisation rapide de l’Hôpital général.
Pour eux, la poursuite de cette fermeture ne compromet pas seulement la prise en charge de milliers de patients, mais fragilise également la formation des futurs professionnels de santé dans un pays déjà confronté à une grave crise sanitaire.
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