La Police nationale d’Haïti (PNH), appuyée par la Task Force, a lancé, tôt dans la matinée du mercredi 14 octobre 2026, une opération contre les groupes armés opérant dans la commune de Gressier.

De fortes détonations ont été signalées dans plusieurs localités. Si les forces de l’ordre cherchent à reprendre le contrôle des territoires occupés par les gangs, des acteurs de la société civile mettent en garde contre les conséquences d’interventions militaires ponctuelles, sans dispositif durable de sécurisation.
L’opération de ce mercredi a été déclenchée vers 4 heures du matin contre des groupes armés affiliés à la coalition criminelle « Viv Ansanm » qui continuent d’imposer leur présence dans plusieurs localités.
Selon des témoignages recueillis auprès de riverains de la zone, de nombreuses détonations d’armes de gros calibre ont été entendues dès les premières heures de l’intervention, provoquant un climat de tension et d’inquiétude au sein de la population.
L’opération avait mobilisé plusieurs unités spécialisées de la Police nationale d’Haïti, notamment l’Unité temporaire antigang (UTAG), l’Unité départementale de maintien de l’ordre (UDMO) et le Groupe d’intervention ou SWAT Team.
Les forces de l’ordre avaient également bénéficié de l’appui d’hélicoptères et de drones kamikazes dans le cadre de cette offensive destinée à déloger les groupes criminels et à reconquérir les espaces échappant au contrôle des autorités.
Pour l’heure, aucun bilan officiel n’est disponible concernant d’éventuelles pertes humaines, arrestations ou saisies d’armes.
Malgré le déploiement des forces de sécurité, la présence des groupes armés demeure préoccupante dans plusieurs localités dans la commune de Gressier.
Jean Somoza Célestin, membre d’une organisation de la société civile de la commune, affirme que des individus armés continuent d’occuper notamment les localités de Marotière et de Canereau.
Cette situation illustre, selon lui, les difficultés auxquelles se heurtent les opérations visant à rétablir durablement l’autorité de l’État dans cette commune, confrontée depuis plus d’un an à l’emprise des gangs.
Il insiste notamment sur la nécessité de bien planifier les interventions des forces de sécurité afin d’éviter que les habitants ne soient exposés à de nouvelles représailles après le retrait des unités policières.
Jean Somoza Célestin estime que les opérations policières doivent s’inscrire dans une stratégie cohérente de reconquête et de sécurisation des territoires.
Pour lui, les interventions ponctuelles, même lorsqu’elles mobilisent des moyens importants, ne peuvent produire des résultats durables si elles ne sont pas accompagnées d’une présence permanente des forces de l’ordre.
Il déplore une approche consistant, uniquement à lancer des drones, effectuer des tirs, puis quitter les zones concernées sans garantir la sécurité des résidents.
Dans de telles circonstances, prévient-il, ce sont les populations civiles qui risquent de subir les conséquences du retour des groupes armés.
Il plaide pour des opérations minutieusement préparées, assorties de mesures concrètes destinées à empêcher les gangs de reprendre possession des territoires après le passage des forces de sécurité.
Pour Jean Somoza Célestin, la priorité ne doit pas seulement être de déloger les gangs, mais surtout de garantir que les populations ne soient plus abandonnées à leur sort après les opérations policières.
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