Les relations diplomatiques entre Haïti et la République de Chine (Taïwan), établies il y a 70 ans, ont été au cœur de la célébration de la 115e Fête nationale taïwanaise, organisée ce vendredi 9 octobre 2026. La cérémonie a réuni des représentants haïtiens et des membres du corps diplomatique autour de cette coopération historique, dans un contexte marqué par de nombreux défis économiques, institutionnels et sécuritaires pour Haïti.
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé n’a pas pris part à l’événement. Il s’est fait représenter par Patrick Pélissier, ministre de la Justice et de la Sécurité publique.
Dans son discours, l’ambassadeur Guillaume Cheng-hao HU, représentant de la République de Chine (Taïwan) en Haïti, a rappelé que la longévité d’une relation diplomatique ne suffit pas à garantir sa solidité. Un partenariat durable doit, selon lui, être capable de résister aux épreuves, de s’adapter aux changements et de répondre aux besoins de chaque époque.
« La solidité d’une relation ne se mesure pas seulement à sa durée, mais surtout à sa capacité à résister aux épreuves, à s’adapter aux changements et à répondre aux besoins de chaque époque », a-t-il déclaré, en évoquant la volonté des deux pays de construire ensemble les prochaines décennies de leur partenariat.
Taïwan défend sa participation internationale
Au-delà de la célébration de cette amitié bilatérale, le discours de l’ambassadeur Guillaume a abordé la place de Taïwan sur la scène internationale. Le diplomate a présenté son pays comme une démocratie dynamique, une économie innovante et un acteur responsable de la communauté internationale.
Face à un environnement international qu’il juge de plus en plus complexe, il a réaffirmé l’attachement de Taïwan à la paix et à la stabilité dans le détroit de Taïwan et dans la région indo-pacifique. Il a défendu le dialogue, la responsabilité et le respect du statu quo comme des conditions essentielles au maintien de la paix.
L’ambassadeur Guillaume Cheng-hao HU a également dénoncé ce qu’il considère comme une interprétation abusive de la résolution 2758 de l’Assemblée générale des Nations unies, adoptée en 1971, visant à restreindre l’espace international de Taïwan.
Selon la position défendue par Taipei, cette résolution ne détermine pas le statut de Taïwan et ne saurait justifier l’exclusion de ses quelque 23 millions d’habitants des organisations internationales. Cette interprétation constitue un point de désaccord diplomatique majeur, Pékin considérant pour sa part Taïwan comme une partie de la Chine.
Le diplomate a réaffirmé la volonté de son gouvernement de promouvoir une participation significative de Taïwan aux organisations internationales. Il a notamment rappelé que les grands défis contemporains — changement climatique, catastrophes naturelles, santé publique, sécurité alimentaire et nouvelles technologies — dépassent les frontières nationales.
« Taïwan peut contribuer et Taïwan est en train de contribuer », a-t-il insisté, avant d’exprimer sa gratitude au gouvernement et au peuple haïtiens pour leur soutien à la participation internationale de l’île.
Une coopération qui doit produire des résultats concrets
En Haïti, cette volonté de contribuer se traduit, selon l’ambassadeur Guillaume, par une coopération bilatérale appelée à évoluer. Celle-ci ne devrait plus se limiter à répondre aux besoins immédiats, mais également contribuer au renforcement des capacités, au développement de la résilience et à la préparation de l’avenir.
La gestion des catastrophes a été citée comme un exemple de cette coopération. Le diplomate a présenté ce domaine comme un axe important du partenariat, particulièrement pertinent pour Haïti, régulièrement confronté aux conséquences des phénomènes naturels et aux difficultés de préparation et de réponse aux urgences.
La transcription disponible de son intervention s’interrompt toutefois au moment où il aborde les initiatives de l’année en cours. Les projets précis, leurs financements et leurs résultats n’ont donc pas pu être détaillés dans le présent compte rendu.
Cette dimension opérationnelle demeure essentielle pour apprécier la portée des relations entre les deux pays. Après sept décennies de liens diplomatiques, l’enjeu consiste aussi à déterminer dans quelle mesure les engagements annoncés se traduisent par des résultats tangibles pour la population haïtienne, notamment en matière de développement, de formation, de transfert de compétences et de renforcement institutionnel.
Soixante-dix ans d’amitié face aux défis de demain
La célébration de la Fête nationale taïwanaise a ainsi permis de rappeler les fondements historiques des relations entre Port-au-Prince et Taipei, mais aussi les ambitions que les deux partenaires souhaitent donner à leur coopération.
Pour Taïwan, le soutien diplomatique d’Haïti reste un élément important de sa stratégie de participation internationale. Pour Haïti, le partenariat représente un cadre de coopération dont les retombées concrètes doivent continuer à être évaluées au regard des priorités nationales.
Le discours de l’ambassadeur Guillaume a mis l’accent sur la continuité des liens bilatéraux, leur capacité d’adaptation et la nécessité de les inscrire dans une perspective d’avenir.
Après 70 ans de relations diplomatiques, le défi est désormais de transformer cette amitié historique en une coopération toujours plus concrète, capable de répondre aux besoins de la population haïtienne et aux transformations du monde.
La rédaction
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