Capital Bank rouvre progressivement ses succursales après plusieurs jours de paralysie. Dans ce contexte, Jean Marie Altema appelle à ne pas banaliser l’attaque informatique qui aurait visé l’institution. Il plaide pour une véritable infrastructure nationale de cybersécurité en Haïti.
Une reprise prudente, des services toujours paralysés
Dans un avis daté du jeudi 8 octobre 2026 (Avis #5), Capital Bank annonce que ses succursales commencent à rouvrir progressivement. Le processus se poursuivra au cours des prochains jours. La banque dit avoir privilégié une approche « particulièrement prudente », avec des vérifications rigoureuses. Elle affirme aussi avoir mobilisé des moyens techniques et logistiques exceptionnels pour intervenir en parallèle dans la région métropolitaine et en province.
Les guichets automatiques (ATM) et la banque en ligne demeurent toutefois indisponibles. La banque invite ses clients à consulter la liste des succursales ouvertes avant de se déplacer.
Pour Jean Marie Altema, cette situation est source de frustration pour de nombreux clients qui dépendent des services de la banque au quotidien.
LockBit en cause ?
Selon le site de suivi des fuites de données Breachsense, le groupe de rançongiciel LockBit a revendiqué une attaque contre Capital Bank, découverte le 5 octobre 2026. L’ampleur des données éventuellement dérobées n’est pas connue. La banque n’a pas confirmé publiquement cette revendication dans son avis.
Jean Marie Altema reste prudent sur l’attribution, mais ferme sur la qualification : « Si c’est vrai que la banque a été victime du réseau cybercriminel LockBit, nous devons comprendre que c’est un acte criminel qui doit être poursuivi et puni. Ce n’est pas un groupe de génies qui testent leurs capacités. Une cyberattaque n’est pas un simple incident qu’on peut négliger. »
Ce ne serait pas une première dans le secteur bancaire haïtien. En 2023, la Sogebank était déjà apparue sur le site de fuite de LockBit.
Des clients et tout un système exposés
« Lorsqu’une institution financière subit une telle attaque, ce n’est pas seulement la banque qui est concernée. Ses clients et le système financier peuvent être exposés », écrit l’auteur.
Il rappelle que dans de nombreux pays, la réponse mobilise ensemble les institutions financières, la police, la justice et des partenaires internationaux. L’objectif est de limiter les dommages, protéger les clients, préserver les preuves et poursuivre les auteurs.
Le plaidoyer pour une infrastructure nationale
Plusieurs institutions financières ont déjà fait face à des problèmes de cybersécurité. Jean Marie Altema estime donc qu’Haïti a besoin :
- d’une véritable infrastructure nationale de cybersécurité ;
- d’un cadre légal adapté ;
- de protocoles clairs de réponse aux incidents ;
- d’une coopération entre les secteurs public et privé.
« C’est une action qui doit être menée ensemble », souligne-t-il.
Une criminalité sans frontières
« La cybercriminalité n’a pas de frontières », insiste l’auteur. Selon lui, le pays doit pouvoir collaborer avec des agences et partenaires internationaux comme le FBI, INTERPOL et d’autres organisations spécialisées.
L’exemple de LockBit montre que cette coopération peut porter ses fruits. En février 2024, l’agence britannique de lutte contre la criminalité (NCA) a pris le contrôle des services du groupe. Elle a mené cette opération policière internationale en coopération avec le FBI et les services de plusieurs autres pays. Selon les États-Unis, LockBit avait alors perçu plus de 120 millions de dollars de rançons.
Jean Marie Altema conclut en rappelant que le système financier dépend de plus en plus de la technologie. « La cybersécurité est la responsabilité de tous les acteurs. C’est une question de sécurité économique et d’intérêt national. »
La rédaction
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